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Moyen Orient et Monde - Révolte

Les rafles d’opposants se multiplient en Syrie

Renforçant son contrôle de la situation sécuritaire, Damas a estimé hier que la menace du soulèvement contestataire s'écartait. Entre-temps, les arrestations d'opposants se poursuivaient par centaines, alors que la communauté internationale tentait de trouver un consensus pour une nouvelle condamnation du régime à l'ONU. En outre, le Premier ministre turc a demandé à Bachar el-Assad de ne pas répéter les massacres de 1982 à Hama.

Bachar el-Assad en compagnie de son frère cadet, Maher. Ce dernier ainsi qu’un cousin du président syrien ont fait l’objet hier de sanctions de l’Union européenne.Ramzi Haydar/AFP

La menace que le soulèvement contestataire fait peser sur le régime du président Bachar el-Assad régresse avec la reprise en main de la situation par les forces de sécurité, a estimé hier le gouvernement syrien, sept semaines après le début des manifestations. « J'espère que nous sommes en train d'assister à la fin de cette histoire », a dit Bouthaïna Chaabane, conseillère du président syrien, dans une interview accordée au New York Times. « Je pense que le moment le plus dangereux est désormais derrière nous. Je l'espère, je le pense », a-t-elle ajouté. Mme Chaabane a en outre déclaré qu'elle avait été chargée d'ouvrir des discussions avec certains activistes et qu'elle avait rencontré des personnalités d'opposition. Elle a dit leur avoir promis davantage de liberté pour la presse et les partis politiques ainsi qu'une réforme électorale.
Les manifestations contre le régime de Bachar el-Assad, au pouvoir depuis 2000, ont éclaté le 18 mars à Deraa, dans le sud de la Syrie, avant de s'étendre à travers le pays. Après avoir laissé entrevoir la perspective de réformes, le président syrien a envoyé depuis fin avril l'armée et les forces de sécurité dans plusieurs villes pour éteindre les foyers de contestation. Un témoin a fait état de tirs nourris hier en début d'après-midi à Mouadhamia, une banlieue de Damas. Le témoin, qui a tenté de se rendre sur place, s'est heurté à l'entrée du quartier à des dizaines de soldats en armes qui refoulaient les voitures. Selon des informations non confirmées diffusées par des militants, des blindés sont entrés ces deux derniers jours dans cette grande banlieue. D'après ces militants, le téléphone et Internet ont été coupés, mesure fréquemment utilisée par les forces de sécurité avant de donner l'assaut à des foyers de contestation. Depuis dimanche, des chars sont déployés à Homs, Deraa et Banias. Des soldats se sont aussi massés à l'extérieur de la ville de Hama, où Hafez el-Assad, père de Bachar, avait écrasé en 1982 un soulèvement islamiste armé.

Arrestations massives
Par ailleurs, l'agence SANA a annoncé que plus de 1 000 personnes se sont rendues dans le cadre d'une amnistie accordée par le ministère de l'Intérieur à ceux qui se rendent d'ici au 15 mai. Mais des mouvements syriens de défense des droits de l'homme ont rapporté, eux, que 8 000 personnes avaient été arrêtées. Un militant a fait état, sous le couvert de l'anonymat, d'informations sur des arrestations effectuées hier à Lattaquié et à Idleb, sans pouvoir fournir de précisions. Toutefois, selon l'Organisation nationale pour les droits de l'homme en Syrie, plusieurs activistes et personnalités d'opposition arrêtés dans le cadre de la répression ont été relâchés lundi soir.
En outre, en dépit de la répression, le site Syrian Revolution 2011 a prévenu hier sur Facebook que « les manifestations se poursuivront tous les jours ».
Au plan des réactions internationales, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, qui entretenait des liens étroits avec M. Assad et avait envoyé des émissaires en Syrie pour discuter de possibles réformes, a contesté hier la version officielle des violences. « Il n'est jamais juste pour un gouvernement de tirer sur sa population, parce que ce n'est pas sur un groupe armé que vous tirez (...) Ce sont seulement des gens dans ce cas », a-t-il déclaré, selon l'agence de presse Anatolie. M. Erdogan a ajouté que plus de 1 000 civils étaient morts et qu'il ne voulait pas voir de répétition des violences de 1982 à Hama.
Les Occidentaux, eux, ont lancé une nouvelle tentative de condamnation de la Syrie au Conseil de sécurité de l'ONU. Des diplomates ont indiqué que la Grande-Bretagne mène les tractations. Mais ces efforts sont contrecarrés par l'opposition de la Russie et de la Chine notamment. En soirée, le porte-parole de la diplomatie américaine, Mark Toner, a estimé que « la répression du gouvernement syrien dans des villes comme Deraa et Banias ne fait que produire de nouvelles violences et renforcer la résolution et les exigences du peuple syrien ». « Les fausses annonces de réformes, telle que la levée de l'état d'urgence accompagnée de l'arrestation arbitraire d'un plus grand nombre de personnes, ne sont pas non plus une réponse aux problèmes de la Syrie », a-t-il ajouté. Aux journalistes qui lui demandaient si M. Assad avait « perdu sa légitimité », il a répondu que « la fenêtre devenait plus étroite » pour le président syrien.
En Israël, le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a critiqué, lui, « les incohérences de la communauté internationale » qui intervient militairement en Libye, mais pas en Syrie ou en Iran. « Ces incohérences adressent un message préjudiciable aux peuples du Moyen-Orient et érode encore plus la voie vers la paix, la sécurité et la démocratie dans notre région », a-t-il ajouté. Enfin, à Téhéran, le président Mahmoud Ahmadinejad a estimé que la Syrie pouvait régler elle-même son « problème » sans interférence extérieure. Téhéran, principal allié de Damas, observe depuis le début de la crise syrienne une retenue contrastant avec le soutien apporté aux autres soulèvements populaires qui ont secoué le monde arabe depuis le début de l'année, et dans lesquels l'Iran voit le signe d'un « réveil de l'islam ».
(Source : agences)
La menace que le soulèvement contestataire fait peser sur le régime du président Bachar el-Assad régresse avec la reprise en main de la situation par les forces de sécurité, a estimé hier le gouvernement syrien, sept semaines après le début des manifestations. « J'espère que nous sommes en train d'assister à la fin de cette histoire », a dit Bouthaïna Chaabane, conseillère du président syrien, dans une interview accordée au New York Times. « Je pense que le moment le plus dangereux est désormais derrière nous. Je l'espère, je le pense », a-t-elle ajouté. Mme Chaabane a en outre déclaré qu'elle avait été chargée d'ouvrir des discussions avec certains activistes et qu'elle avait rencontré des personnalités d'opposition. Elle a dit leur avoir promis davantage de liberté pour la presse et les partis...
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