La ministre des Sports, Chantal Jouanno, exclut des poursuites judiciaires dans l’affaire des quotas ethniques, mais estime qu’il existe un problème de management à la Fédération française de football (FFF). Charles Platiau/Reuters
Mme Jouanno, première à prendre la parole hier matin devant la presse à Paris, a affirmé qu'il n'y avait « pas lieu de saisir la justice », d'après les conclusions de la mission menée par des inspecteurs du ministère des Sports. Ce rapport complet sera rendu public dans cinq à six semaines.
Même discours dans la bouche de Patrick Braouezec, membre de la commission d'enquête interne de la FFF, hier après-midi au siège de la fédération : « Rien ne peut démontrer une politique de quota. »
Pour la ministre des Sports, rien non plus ne permet de dire que le sélectionneur Laurent Blanc « cautionnerait des orientations discriminatoires ». « Il s'efforce de remettre les valeurs au cœur du jeu », a-t-elle même ajouté.
Le sélectionneur était « en colère contre lui-même de s'être laissé déborder » lors de la réunion du 8 novembre à l'origine de l'affaire des quotas, a seulement confié M. Braouezec.
Le site d'information en ligne Mediapart avait rapporté des propos tenus par le sélectionneur lors de cette réunion, notamment cette phrase : « Qu'est-ce qu'il y a actuellement comme grands, costauds, puissants ? Les Blacks. »
Le sélectionneur s'exprimera vendredi dans le journal télévisé de 20h00 sur la chaîne privée TF1, a d'ailleurs indiqué à l'AFP hier le chef de presse des Bleus Philippe Tournon.
La ministre a par ailleurs estimé que le Conseil fédéral extraordinaire de jeudi aurait à « décider de la poursuite ou non de la mission » du directeur technique national François Blaquart.
Le DTN, suspendu le temps des enquêtes, est visé en raison de sa phrase rapportée dans le verbatim de Mediapart : « On peut baliser, en non-dit, sur une espèce de quota. »
« Aucun document ne peut laisser penser qu'une philosophie raciste ou discriminatoire est entretenue à la FFF, mais les paroles du DTN sont regrettables. Il se devait de conduire les débats avec exemplarité », a souligné Mme Jouanno.
La ministre a aussi annoncé qu'un « rappel à la règle » était envisagé pour Mohammad Belkacemi, le conseiller technique national pour le football des quartiers qui a reconnu avoir enregistré la réunion du 8 novembre à la DTN, puis l'avoir transmis à André Prévosto, directeur général adjoint de la FFF, qui n'en a rien fait.
« La poursuite de la mission de M. Belkacemi à la DTN semble délicate, mais je souhaite que ses compétences soient conservées au sein de la FFF », a encore commenté Mme Jouanno.
Plus généralement, Mme Jouanno a estimé qu'elle n'était « pas là pour faire tomber des têtes à tout prix ». « L'essentiel des têtes appartient à la FFF », a-t-elle dit.
M. Braouezec a pointé, lui, « une faute » de M. Prévosto. Noël Le Graët, vice-président de la FFF, pourrait ainsi réclamer jeudi devant le Conseil fédéral la démission de M. Prévosto, proche du président actuel Fernand Duchaussoy, avait indiqué à l'AFP une source proche de l'enquête.
Tout cela sur fond d'élections à la FFF le 18 juin entre deux candidats attendus, MM. Le Graët et Duchaussoy.
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