Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Conflit

Craintes d’une escalade confessionnelle en Égypte

Critiques contre l'inaction de la police ; les Émirats arabes unis condamnent les violences.

Chrétiens et musulmans ont protesté hier devant le bâtiment de la télévision d’État au Caire contre les récentes violences confessionnelles.  Khaled Desouki/AFP

« Le feu du fanatisme religieux met en danger l'Égypte », titrait le quotidien al-Ahram, « L'Égypte en danger », écrivait al-Akhbar, et « l'extrémisme brûle la révolution », soulignait l'indépendant al-Masri al-Yom ; les heurts meurtriers entre musulmans et chrétiens au Caire ont suscité les craintes d'une recrudescence des violences confessionnelles. Les journaux et le pouvoir ont imputé à des « contre-révolutionnaires » et des « extrémistes » ces violences orchestrées selon eux par des fidèles de l'ex-président Hosni Moubarak. Pour al-Ahram, le pays « fait face à des groupes antirévolutionnaires qui tentent d'attiser le conflit confessionnel, étant convaincus que tout succès de la révolution menace leurs intérêts ». Cité par al-Masri al-Yom, le mufti Ali Gomaa, l'une des plus hautes autorités musulmanes d'Égypte, a été plus loin en mettant en garde contre « une éventuelle guerre civile en raison des tentatives des hors-la-loi de défier l'autorité de l'État ». Sur le réseau social Twitter, l'opposant Mohammad el-Baradei, prix Nobel de la paix, a appelé pour sa part à une action rapide pour faire face à « l'extrémisme religieux et aux pratiques du Moyen Âge ».
Dans ce contexte, les forces de sécurité ont été la cible de critiques pour leur inefficacité lors des troubles. Al-Ahram a dénoncé leur « absence » face « à la menace des courants religieux qui mettent en danger la sécurité ». La Coalition des jeunes de la révolution, regroupant des mouvements ayant lancé la révolte anti-Moubarak, a estimé que « les événements regrettables d'Imbaba sont la grande preuve de la catastrophe sécuritaire » en Égypte, et critiqué le pouvoir militaire pour n'avoir pas agi face à l'absence policière.
Un millier de coptes poursuivaient de leur côté un sit-in devant le bâtiment de la télévision d'État au Caire pour protester contre le « laxisme » des autorités vis-à-vis des attaques anticoptes. Des échauffourées ont eu lieu entre manifestants et militaires, les soldats ont utilisé des Taser, selon des témoins.
Dimanche, le ministre de la Justice Abdel Aziz al-Guindi avait indiqué que « les lois criminalisent les attaques contre les lieux et la liberté de culte », prévoyant des peines allant jusqu'à « la peine de mort » qui seraient appliquées immédiatement. Près de 200 personnes arrêtées après les violences d'Imbaba doivent être déférées devant des tribunaux militaires, alors que de nombreux soldats et policiers ont été déployés dans le secteur. Quatre véhicules de l'armée et des forces de sécurité stationnent devant la cathédrale du Caire et des véhicules ont été déployés devant d'autres églises de la ville. Les affrontements ont fait 12 morts et 232 blessés.
« Si je pouvais, je quitterais le pays, il n'y a plus rien ici pour les coptes, étant donné que les autorités laissent les ignorants brûler des églises », confiait hier Fawzi Nabeeh, un ingénieur copte, qui voit dans l'incident « la montée du fondamentalisme islamique ».
Depuis des mois, l'Égypte connaît une montée des tensions confessionnelles alimentées par des polémiques autour de femmes coptes qui seraient maintenues cloîtrées par l'Église après avoir souhaité se convertir à l'islam. Plusieurs manifestations à l'appel de salafistes avaient eu lieu pour réclamer « la libération » de Camilia Chehata et Wafa Constantine, épouses de prêtres selon eux séquestrées par l'Église qui a cependant démenti leur conversion à l'islam. Les salafistes ont nié toute implication dans les incidents.
Le ministre d'État aux Affaires étrangères émiraties, Anouar Mohammad Gargash, a réagi à ces affrontements dans un communiqué, dénonçant « avec force l'action ignoble » qui a visé les deux églises. Il a assuré l'Égypte de « la solidarité » des Émirats qui, a-t-il dit, « rejettent toute attaque contre des lieux de culte ».
(Source : agences)
« Le feu du fanatisme religieux met en danger l'Égypte », titrait le quotidien al-Ahram, « L'Égypte en danger », écrivait al-Akhbar, et « l'extrémisme brûle la révolution », soulignait l'indépendant al-Masri al-Yom ; les heurts meurtriers entre musulmans et chrétiens au Caire ont suscité les craintes d'une recrudescence des violences confessionnelles. Les journaux et le pouvoir ont imputé à des « contre-révolutionnaires » et des « extrémistes » ces violences orchestrées selon eux par des fidèles de l'ex-président Hosni Moubarak. Pour al-Ahram, le pays « fait face à des groupes antirévolutionnaires qui tentent d'attiser le conflit confessionnel, étant convaincus que tout succès de la révolution menace leurs intérêts ». Cité par al-Masri al-Yom, le mufti Ali Gomaa, l'une des plus hautes...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut