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Liban - Exécution

Consensus œcuménique sur Ben Laden au Liban

"C'était un terroriste, bon débarras." À Beyrouth, les Libanais chrétiens, sunnites, chiites ou druzes semblent pour une fois d'accord. Le jour de l'annonce faite par le président US Barack Obama, rares sont ceux qui pleuraient la mort de Ben Laden. Reportage de "Libération.fr", par Isabelle DELLERBA, la correspondante du quotidien français à Beyrouth.

Rares sont les sujets et les personnes autour desquels les Libanais se réunissent... La mort de Ben Laden marquera-t-elle la voie vers un consensus libanais tant souhaité ?

««« "C'était un criminel, les mains rouges du sang de milliers d'innocents, sa mort est évidemment une bonne nouvelle pour tout le monde", lâche Joseph, enseignant, dans le quartier chrétien d'Achrafieh.

De l'autre côté de Beyrouth, côté musulman, un étudiant chiite renchérit. "Il a mérité son sort. Cet assassin refusait toute autre pensée que la sienne, combattait aussi bien les musulmans que les chrétiens." Pour les chiites libanais, et notamment pour le Hezbollah, el-Qaëda n'a jamais été en odeur de sainteté. En Irak, les jihadistes sunnites ont multiplié les attentats contre les chiites, qualifiés d'hérétiques. À Beyrouth, le Parti de Dieu redoute depuis des années l'entrée des sunnites fondamentalistes dans cette guerre fratricide et surveille de près les réseaux fondamentalistes. Le jour de la mort de Ben Laden, il a préféré s'abstenir de toute réaction officielle.

Dans les quartiers sunnites, la grande majorité de la population n'éprouve guère plus de sympathie pour "un homme qui a fait beaucoup de tort aux musulmans en donnant au monde une vision erronée de cette religion", explique Mohammad, propriétaire d'un café. "Il a tué des milliers d'innocents au nom d'un islam qui n'a rien à voir avec les enseignements du Coran." Assis sur une chaise en plastique devant la petite échoppe, Ibrahim s'inscrit en faux. Il n'est plus question de religion mais de politique. "Il a combattu les Américains, c'était un homme bien", martèle-t-il, devant l'un de ses amis qui soupire : "On s'en fiche, d'Oussama Ben Laden."

Dans le camp palestinien d'Aïn el-Héloué, au Liban-Sud, la nouvelle ne laisse personne indifférent. Ici, le groupuscule fondamentaliste Jound el-Cham voue un véritable culte au commanditaire des attentats du 11 Septembre. Les partis nationalistes craignent des dérapages. "Ils ont œuvré toute la journée pour calmer les esprits, explique un connaisseur du dossier. Finalement, ses partisans devraient se contenter de lui rendre hommage en privé." Dans le reste du pays, les Libanais sont surtout indifférents. Le monde arabe, et notamment la Syrie voisine, où le régime poursuit sa répression sanglante pour neutraliser le mouvement contestation, est en train de vivre d'autres combats.   »»»

 

Rappelons que le Premier ministre en exercice Saad Hariri avait qualifié Ben Laden de "tache noire" dans l'histoire de l'islam pour avoir placé la religion dans "des situations hostiles" avec les autres cultures et croyances.
"Les dégâts qu'il a infligés à l'image de l'islam et aux causes arabes ne sont pas moindres que ceux causés par les ennemis des musulmans et des Arabes à travers le monde", avait-t-il réagi dans un communiqué à l'annonce de la mort du chef d'el-Qaëda.

««« "C'était un criminel, les mains rouges du sang de milliers d'innocents, sa mort est évidemment une bonne nouvelle pour tout le monde", lâche Joseph, enseignant, dans le quartier chrétien d'Achrafieh.
De l'autre côté de Beyrouth, côté musulman, un étudiant chiite renchérit. "Il a mérité son sort. Cet assassin refusait toute autre pensée que la sienne, combattait aussi bien les musulmans que les chrétiens." Pour les chiites libanais, et notamment pour le Hezbollah, el-Qaëda n'a jamais été en odeur de sainteté. En Irak, les jihadistes sunnites ont multiplié les attentats contre les chiites, qualifiés d'hérétiques. À Beyrouth, le Parti de Dieu redoute depuis des années l'entrée des sunnites fondamentalistes dans cette guerre fratricide et surveille de près les réseaux fondamentalistes. Le jour de la mort de...
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