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Sport - Football

Laurent Blanc rattrapé par la tourmente

Ancien coéquipier de Laurent Blanc en équipe de France, Patrick Vieira a jugé graves et scandaleux les propos attribués au sélectionneur des Bleus dans l’affaire des quotas ethniques qui plonge le football français dans une nouvelle crise. Giorgio Perrottino/Reuters

La tourmente a rattrapé hier Laurent Blanc, Patrick Vieira jugeant scandaleux les propos du sélectionneur, dernière touche en date d'une image désastreuse du football français avec une fédération accusée d'avoir été informée dès novembre de la fameuse réunion sur les « quotas ».
La pression est donc montée encore d'un cran autour de Laurent Blanc. Les auditions du sélectionneur, par la mission du ministère des Sports et par la commission interne de la fédération, qui sont dissociées depuis hier, sont toujours attendues pour la fin de semaine, vendredi ou samedi à Paris, alors que Laurent Blanc est en congé dans le nord de l'Italie.
Mais les mots de Vieira, un des symboles de la génération « black-blanc-beur » championne du monde en 1988 dont faisait aussi partie Laurent Blanc, accordés au Monde font mal.
« Quand je lis qu'il (Blanc) a dit que "les Espagnols, ils disent : Nous, on n'a pas de problème. Des Blacks, on n'en a pas", ou "qu'est-ce qu'il y a comme grands, costauds, puissants ? Des Blacks", c'est scandaleux ! Ce sont des propos graves », commente ainsi le joueur de Manchester City, né à Dakar au Sénégal, qui a joué à 107 reprises avec le maillot bleu.
« Je connais Laurent Blanc, j'ai toujours eu de bonnes relations avec lui, poursuit Pat Vieira. Je ne crois pas qu'il soit raciste, mais je suis surpris du degré de ses commentaires » diffusés samedi dans un verbatim rapporté par Mediapart.
« On peut me dire ce que l'on veut, mais personne n'a été piégé lors de cette réunion, poursuit le milieu de terrain. On n'a forcé personne à tenir ces propos, et pourtant ils l'ont dit, c'est un fait : ça, c'est choquant », conclut l'ex-international français.
Après la parution du verbatim, Laurent Blanc avait fait amende honorable dans un communiqué : « Que certains termes employés au cours d'une réunion de travail, sur un sujet sensible et à bâtons rompus, puissent prêter à équivoque, sortis de leur contexte, je l'admets et si, pour ce qui me concerne, j'ai heurté certaines sensibilités, je m'en excuse. »
Des excuses qui n'avaient pas satisfait un autre champion du monde 1998, Lilian Thuram. « Tutu », Guadeloupéen recordman des sélections en équipe de France (142), avait estimé sur RTL lundi : « Je dirais que ses excuses n'ont pas été à la hauteur de ce qui s'est passé. »
« Bien évidemment qu'il est fragilisé par ses propos, a renchéri Thuram sur France 2 mercredi. Sinon, je connais bien Laurent Blanc, et je ne pense pas qu'il soit raciste. »
Christophe Dugarry, champion du monde 1998 aujourd'hui consultant télé, avait mis en garde mercredi sur Infosport sur une possible exaspération du sélectionneur si les critiques continuaient à pleuvoir : « J'ai peur qu'il s'en aille, qu'il en ait marre de se faire agresser de la sorte. De manière très injuste. J'espère qu'il n'est pas trop tard. »
En dehors du cas particulier Laurent Blanc, les enquêtes se sont poursuivies hier avec l'audition, entre autres, de Christian Teinturier, membre du conseil fédéral, et de Francis Smerecki, l'entraîneur national des U20 qui avait pris ses distances avec ses collègues incriminés lors de la réunion du 8 novembre.
Depuis ce jeudi, les enquêteurs du ministère et de la FFF cessent donc leurs auditions communes. La ministre des Sports Chantal Jouanno prendrait-elle ses distances ?
« Je ne me suis pas désolidarisée de la fédération, a assuré la ministre sur Europe1 jeudi matin. J'ai voulu qu'elles soient séparées parce que tout se retrouve dans la presse, il y a énormément de fuites qui viennent de la fédération, et je veux que la mission d'inspection (du ministère) travaille dans la sérénité. »
« Attendons la fin de la mission d'inspection qui est très courte, une semaine, pour avoir une vision claire et objective, a poursuivi Mme Jouanno. C'est un feuilleton désastreux pour le sport, le foot, et l'État, mais nous ne sommes pas dans la chasse aux sorcières. »

©AFP
La tourmente a rattrapé hier Laurent Blanc, Patrick Vieira jugeant scandaleux les propos du sélectionneur, dernière touche en date d'une image désastreuse du football français avec une fédération accusée d'avoir été informée dès novembre de la fameuse réunion sur les « quotas ».La pression est donc montée encore d'un cran autour de Laurent Blanc. Les auditions du sélectionneur, par la mission du ministère des Sports et par la commission interne de la fédération, qui sont dissociées depuis hier, sont toujours attendues pour la fin de semaine, vendredi ou samedi à Paris, alors que Laurent Blanc est en congé dans le nord de l'Italie.Mais les mots de Vieira, un des symboles de la génération « black-blanc-beur » championne du monde en 1988 dont faisait aussi partie Laurent Blanc, accordés au Monde font...
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