"Ils sont en train de dire aux Libyens: +Vous ne savez pas ce qui est bon pour vous. Nous allons vous retirer les mauvais choix et vous laisser seulement les bons choix, pour que vous ne fassiez pas d'erreur+", a déclaré à la presse Moussa Ibrahim.
"Ce n'est pas moral, pas légal et pas logique de conditionner le choix des Libyens", a-t-il ajouté.
Le porte-parole du gouvernement a ensuite dénoncé l'attention apportée à la réunion du Groupe de contact sur la Libye, chargé du volet politique de l'intervention internationale dans le pays, expliquant que le monde devrait plutôt écouter les chefs tribaux réunis jeudi à Tripoli.
"Il faut que le monde écoute les tribus de Libye, pas des gens qui se réunissent à Rome", a-t-il déclaré. "Quelle est la voix la plus importante ? Celle de (la secrétaire d'Etat américaine) Hillary Clinton ou celle de 2.000 chefs tribaux de Libye ?", a-t-il insisté.
A Rome, Mme Clinton a appelé à accroître l'isolement du colonel Kadhafi sur la scène internationale, et le groupe de contact a décider de créer un fonds d'aide aux rebelles.
A Tripoli, des responsables représentant selon M. Ibrahim environ 850 tribus, y compris des zones de l'Est contrôlées par les rebelles, se sont réunis jeudi sous une immense tente pour des discussions qui doivent durer au moins jusqu'à vendredi.
Prenant la parole chacun à leur tour, les représentants des différentes régions ont appelé à l'unité du pays, apportant un soutien plus ou moins appuyé au régime de M. Kadhafi et une critique plus ou moins forte de l'Otan, qui dirige les opérations militaires internationales contre les forces pro-Kadhafi.
Dans un discours particulièrement applaudi, Abed Saleh Abou Hamada, représentant de l'Est, a mis l'accent sur l'unité et appelé ses "frères armés de l'Est au dialogue", bien que les rebelles aient déjà rejeté toute discussion tant que M. Kadhafi serait au pouvoir.
Adressant aux présidents américain et français le même message que M. Ibrahim, Mahmoud Mohammed Ali, représentant du Sud, a lancé: "Obama, Sarkozy et les autres (...), qui êtes-vous pour décider que (Kadhafi) doit quitter le pays ?".


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