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Moyen Orient et Monde - Révolte - Après La Turquie, La France Et Israël Critiquent Sévèrement Le Président Syrien

Un triple avertissement à Bachar el-Assad

Après les propos de Recep Tayyip Erdogan qui a averti qu'il ne veut pas « d'un autre massacre comme à Hama », la France a demandé hier que le président syrien fasse également partie des personnes visées par les sanctions européennes en préparation. En outre, le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, a estimé que le régime d'Assad est voué à disparaître à cause de sa « brutalité ». Enfin, les États-Unis accusent le régime syrien de « barbarie » à Deraa.

Des militants de Reporters sans frontières ont lancé de la peinture sur les murs de l’ambassade de Syrie, hier à Paris, au cri de « c’est l’encre qui doit couler, pas le sang ». Pour Jean-François Julliard, secrétaire général de RSF, « la Syrie est le pays qui nous inquiète le plus aujourd’hui » en matière de liberté de la presse, rappelant qu’« une dizaine de journalistes y sont actuellement emprisonnés ». Les militants de RSF ont brandi des portraits tachés de peinture de Bachar el-Assad en criant « Bachar prédateur ». Benoit Tessier/Reuters

Les forces de sécurité syriennes se sont déployées hier dans la ville côtière de Banias, prenant, après Deraa, le contrôle d'un nouveau centre urbain. Des agents de sécurité armés et en civil se sont déployés dans la rue du marché et se sont mis à arrêter les gens en fonction du nom figurant sur leur carte d'identité. Les autorités ont présenté Banias, peuplée majoritairement de sunnites, comme un « centre du terrorisme salafiste ». Anas al-Choughri, un dirigeant de l'opposition, a démenti que les habitants soient armés, ajoutant que des jeunes gens munis de bâtons avaient dressé des barrages routiers et affrontaient les forces armées. « Ils (les agents de sécurité) ont fourni des armes aux villages alaouites dans les collines surplombant Banias et nous sommes maintenant confrontés à des milices arrivant de l'Est », a-t-il encore dit. Auparavant, près de 3 000 personnes avaient manifesté dans Banias pour réclamer la levée du siège de la ville et celui de Deraa.
Entre-temps, les arrestations se poursuivent dans tout le pays, disent des militants. S'exprimant en Égypte, Ammar Kourabi, dirigeant de l'Organisation nationale des droits de l'homme en Syrie, a déclaré que plus de 1 000 personnes avaient été interpellées dans le cadre de la nouvelle vague d'arrestations. Les services de sécurité ont transformé la Syrie en « une grande prison », a ajouté M. Kourabi. Les médias étrangers ne sont pas autorisés à rendre compte des événements, mais des habitants de Deraa ont déclaré par téléphone à des agences de presse que les forces de sécurité continuaient de procéder à des arrestations. « Ils emmènent quiconque a moins de 40 ans au stade de Deraa où ils retiennent depuis la semaine dernière des centaines de personnes, y compris plusieurs femmes, sans toit pour s'abriter », a rapporté un habitant. D'autres font état d'une détérioration de la situation dans la ville, en particulier dans le centre où « l'odeur de cadavres flotte encore partout ». La Croix-Rouge a demandé hier à Damas de lui accorder un accès immédiat à tous les blessés ainsi qu'aux personnes détenues par les autorités. Wissam Tarif, de l'organisation de défense des droits de l'homme Insan, a déclaré que les communications étaient coupées depuis cinq jours à Zabadani et Madaya, des faubourgs de Damas. « L'armée et les services de sécurité font des descentes dans les maisons, quartier par quartier » depuis lundi matin, a-t-il dit.
Parallèlement, le groupe Syrian Revolution 2011 a lancé un appel à intensifier les manifestations, sur sa page Facebook : « Nous appelons les Syriens de toutes les régions à se rendre à partir de mardi soir (hier) sur toutes les places publiques pour organiser des sit-in qui se poursuivront jour et nuit. » Les experts de l'International Crisis Group ont, eux, estimé que la situation en Syrie s'achemine « rapidement vers le point de non-retour ». « En taxant de sédition toutes les formes de protestation, et en les traitant avec une violence croissante, le régime ferme la porte à toute sortie honorable et approfondit la crise nationale », a dit l'ICG. Hier, les États-Unis ont accusé la Syrie d'avoir mis en œuvre « des mesures franchement barbares » pour réprimer la contestation. Mark Toner, porte-parole du département d'État, a dénoncé l'utilisation de chars, « une vaste campagne d'arrestations arbitraires visant de jeunes hommes à Deraa », ainsi que les coupures d'eau et d'électricité. Assad « doit cesser toute violence contre des manifestants innocents », a réitéré M. Toner.
De son côté, le poète syrien Adonis a assuré que le salut de son pays passe par l'abandon d'une « culture du parti unique ». « Le parti baassiste n'est que la reproduction d'une idée passéiste », explique-t-il. « Cette idée est qu'il y a un seul Dieu, donc un seul parti, un parti unique. Et ce parti a l'exclusivité de tout, pas seulement de la politique, mais aussi de l'économie, de la culture. C'est une idée qui vient du monothéisme » a-t-il dit. Le poète de nationalité libanaise, qui habite Paris et Beyrouth, n'est pas retourné en Syrie depuis 1976.
(Source : agences)
Les forces de sécurité syriennes se sont déployées hier dans la ville côtière de Banias, prenant, après Deraa, le contrôle d'un nouveau centre urbain. Des agents de sécurité armés et en civil se sont déployés dans la rue du marché et se sont mis à arrêter les gens en fonction du nom figurant sur leur carte d'identité. Les autorités ont présenté Banias, peuplée majoritairement de sunnites, comme un « centre du terrorisme salafiste ». Anas al-Choughri, un dirigeant de l'opposition, a démenti que les habitants soient armés, ajoutant que des jeunes gens munis de bâtons avaient dressé des barrages routiers et affrontaient les forces armées. « Ils (les agents de sécurité) ont fourni des armes aux villages alaouites dans les collines surplombant Banias et nous sommes maintenant confrontés à des milices...
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