L’euro a atteint un sommet inédit depuis décembre 2009.
L'euro s'échangeait également en hausse face à la devise nippone, à 120,73 yens contre 120,20 yens vendredi.
Le dollar était quasi stable à 81,22 yens, contre 81,17 dollars.
« Il y a eu un petit effet Ben Laden, mais très rapidement les nouvelles économiques ont repris le dessus », a expliqué Nordine Naam, de Natixis.
Le billet vert a dans un premier temps profité de l'annonce de la mort d'Oussama Ben Laden, tué lors d'une opération menée par des forces spéciales américaines au Pakistan. Mais il est rapidement reparti à la baisse.
« C'est une victoire politique (pour les États-Unis), mais ce n'est pas quelque chose de nature à influencer le marché de manière soutenue. C'est exactement ce qu'on a vu », a commenté de son côté Vassili Serebriakov, de la banque Wells Fargo.
Selon l'analyste, le marché des changes continue d'évoluer « en fonction des attentes de taux d'intérêt ».
La Banque centrale américaine a confirmé mercredi qu'elle comptait maintenir ses taux près de zéro pendant encore longtemps pour soutenir la reprise économique et faire reculer le chômage, qu'elle juge encore trop élevé.
Cette politique généreuse fait du dollar un investissement à très faible rendement.
À l'inverse, la Banque centrale européenne (BCE) « semble toujours être la principale banque centrale qui va resserrer sa politique monétaire de manière constante dans les mois à venir, c'est ce qui pousse l'euro vers le haut », a expliqué l'analyste de Wells Fargo.
La BCE a déjà relevé ses taux directeurs début avril, pour lutter contre l'accélération de la hausse des prix dans la zone euro.
Lors de sa prochaine réunion, jeudi, elle devrait cette fois opter pour le statu quo, mais « au moins préparer les marchés à une hausse des taux pour juin », a estimé M. Naam.
D'autant que l'inflation reste à un niveau élevé en zone euro. La hausse des prix dans la zone a été de 2,8 % en avril, dépassant pour le cinquième mois d'affilée le seuil de 2 % surveillé par la BCE.
Pour Nordine Naam, l'euro pourrait franchir à « très court terme le seuil de 1,50 dollar car le dollar va rester malmené, la Fed ayant choisi de poursuivre sa politique de taux bas ».
Vers 18h00 GMT, la livre britannique reculait face à l'euro à 89,07 pence pour un euro, comme face au billet vert à 1,6684 dollar.
La monnaie helvétique cédait du terrain face à la devise européenne à 1,2850 franc suisse pour un euro, et se stabilisait progressait face au billet vert à 0,8641 franc suisse pour un dollar.

