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Nos lecteurs ont la parole

Le travail, c’est le sel qui conserve les âmes nobles

Sylvain THOMAS
Le travail est nécessaire pour vivre. Mais nous avons des raisons bien plus nobles de travailler : notre subsistance et celle de notre famille en dépendent. D'abord, par le travail, l'homme collabore à sa propre création. En effet, le travailleur ne transforme pas seulement la matière brute sur laquelle il se penche. Il se transforme lui-même, achevant de préciser les lignes de sa personnalité. Le travail, en utilisant d'une façon rationnelle des forces qui demandent à se dépenser, développe les puissances qui germent en nous et par là nous grandissent. Si nous réfléchissions aux jolis meubles qu'un menuisier tire d'une planche de bois, aux merveilles qu'un bijoutier ou un horloger obtient avec un métal qui, quelques mois auparavant, n'était qu'un vulgaire minerai perdu dans la terre, ne serions-nous pas frappés par la puissance du travail humain ?
Respectons le travail sous ces formes modestes. Le travailleur qui occupe le premier rang de la hiérarchie est méritant pour les efforts qu'il déploie. Portons aussi notre discrète sympathie aux petits et aux humbles : ils apportent leur modeste contribution dans le monde du travail.
Notre respect doit s'étendre aussi aux produits du travail, non seulement à cause de leur valeur marchande, mais aussi en considération du travailleur qui leur a consacré sa pensée. L'argent, en effet, est un produit du travail de la société. Cette voiture, cette montre, ces lunettes représentent de longues heures de bureau ou d'atelier. Le travail est si bien divisé que l'un travaille et que l'autre récolte.
Il convient aussi de songer à tous les travailleurs qui ont collaboré à la production de tous les objets à notre usage. Une montre a été étudiée en vue d'un type particulier de fonctionnement. Notre voiture électronique et ultramoderne, avec ses dispositifs, dont l'habitude nous empêche d'admirer l'ingéniosité, condense le résultat de plusieurs années de recherches, et si elle roule si bien, c'est que les fabricants et les ouvriers qui l'ont montée étaient des hommes de devoir. L'étoffe dans laquelle a été taillé notre costume est due au travail successif de dizaines de travailleurs, depuis la peau du mouton jusqu'aux magasins de confection.
Si nous réfléchissons bien, nous éprouverons un sentiment étrange... Examinons bien cette chemise, ce n'est pour nous qu'une chemise ? Mais en y regardant de plus près, nous verrons des yeux baissés sur des doigts qui s'agitent, des yeux qui veillent à sa finition. Dans cette soie, dans ce bronze, dans cet or..., on entend le bruit des métiers qui tissent, des pas qui descendent dans les mines avec tous les dangers que cela comporte. On perçoit des plaintes de fatigue, des voix qui disent allons, allons, encore de l'avant ! Alors, on ressentira pour tout ce monde de l'admiration et nous nous dirons : « Ils sont courageux et braves, ces travailleurs, ces mineurs, ces manœuvres et ces artisans. Il faut que nous leur portions un grand respect et une grande reconnaissance. » La fête du Travail est un tribut et un témoignage à leur égard.
Sylvain THOMAS
Le travail est nécessaire pour vivre. Mais nous avons des raisons bien plus nobles de travailler : notre subsistance et celle de notre famille en dépendent. D'abord, par le travail, l'homme collabore à sa propre création. En effet, le travailleur ne transforme pas seulement la matière brute sur laquelle il se penche. Il se transforme lui-même, achevant de préciser les lignes de sa personnalité. Le travail, en utilisant d'une façon rationnelle des forces qui demandent à se dépenser, développe les puissances qui germent en nous et par là nous grandissent. Si nous réfléchissions aux jolis meubles qu'un menuisier tire d'une planche de bois, aux merveilles qu'un bijoutier ou un horloger obtient avec un métal qui, quelques mois auparavant, n'était qu'un vulgaire minerai perdu dans la terre, ne serions-nous pas frappés par la...
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