A l'intérieur de la prison, les enquêteurs ont ouvert une tranchée dans la cour du "bloc politique" - où étaient enfermés, séparés des détenus de droit commun, des responsables ou militants talibans n'ayant pas été arrêtés les armes à la main - afin de pouvoir inspecter le tunnel.
Vendredi, un correspondant de l'AFP n'a pas pu pénétrer à l'intérieur du boyau mais a pu voir des spots électriques disposés tous les cinq ou six mètres au plafond du tunnel, vraisemblablement branchés à l'extérieur.
Un tuyau percé de trous aère l'intérieur du tunnel sur sa longueur, et par endroits des poutres soutenues par des étais soutiennent l'ouvrage.
Le tunnel mesure 250 m de long, a affirmé à la presse le général Taher Mohmand, de l'Agence afghane du renseignement (NDS) et membre de la commission d'enquête sur l'évasion. Les talibans avaient affirmé qu'il mesurait 320 m et avait été creusé en cinq mois depuis l'extérieur de la prison.
Le tunnel a été foré depuis l'intérieur d'une petite construction de terre séchée d'une seule pièce, située derrière trois échoppes donnant sur la grande route reliant Kandahar à Hérat, a constaté le correspondant de l'AFP sans pouvoir y pénétrer.
En face des échoppes, de l'autre côté de la route, les portes d'entrée bleues de la prison sont situées à moins de 100 mètres.
Les échoppes et la petite pièce font partie de la même cour, ceinte de murs de terre d'environ 2,5 mètres de haut et où subsistent des poutres de bois utilisées pour étayer le tunnel.
A l'arrière de cette cour, dans un coin du mur, se trouve une petite porte par laquelle, d'après les enquêteurs, les détenus, une fois sortis du tunnel, se sont éparpillés dans la nature, à pied, ou en voiture pour les chefs.
Cette évasion, qualifiée de "désastre" par le gouvernement afghan, est un sérieux revers pour Kaboul et ses alliés occidentaux dans leur lutte contre les rebelles talibans.


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