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Moyen Orient et Monde

La pression s’accentue sur le régime syrien

Plus de 230 membres du Baas annoncent leur démission


Au moins 453 personnes tuées en six semaines


Assad doit « changer de cap maintenant », avertit Washington

Une image tirée d’une vidéo postée hier sur YouTube, mais dont l’authenticité n’a pas été vérifiée, montre des blindés arrivant en renfort à Deraa. YouTube.com

Plus de 230 membres du parti Baas au pouvoir ont annoncé leur démission, une trentaine dans la région de Banias (Nord-Ouest) et 203 dans la région du Houran (Deraa et ses environs), dans le sud de la Syrie. « Les services de sécurité ont bafoué les valeurs avec lesquelles nous avons grandi. Nous dénonçons et condamnons tout ce qui s'est passé et annonçons sans regret notre retrait du parti », ont affirmé les démissionnaires de la région de Banias, dans un texte parvenu à l'AFP. « Les pratiques des services de sécurité à l'encontre des citoyens sans armes à Banias et dans les villages voisins, notamment à Baïda, sont contraires à toutes les valeurs humaines et aux slogans du parti », disent-ils, en évoquant « les perquisitions dans les maisons, les tirs à balles réelles sans discrimination sur les gens, les maisons, les mosquées et les églises ». Le communiqué dénonce aussi la manière dont « les médias (syriens) parlent des manifestants tués, blessés ou torturés en les traitant de "gangs criminels armés" ».
D'autre part, plusieurs dizaines de dissidents syriens en exil réunis à Istanbul ont lancé un appel urgent pour la tenue d'élections et l'arrêt de la répression dans ce pays, dans une déclaration commune publiée hier. « La Syrie doit se débarrasser du système de parti unique et instaurer le multipartisme afin de garantir l'égalité politique et la compétition. Des élections législatives doivent être immédiatement organisées et une nouvelle Constitution doit être rédigée », déclarent ces dissidents dans leur texte. Une quarantaine d'intervenants, en provenance du Royaume-Uni, de France ou encore d'Égypte, participaient au forum d'Istanbul qui réclamait depuis mardi la mise en œuvre de profondes réformes en Syrie.
Par ailleurs, plus de 150 opposants - dont le nom de la plupart a été gardé secret - ont mis en demeure le régime de mener de véritables réformes ou d'être renversé par une « révolution ». Le régime a le choix entre deux choses : « soit il conduit lui-même le changement vers la démocratie, soit les protestataires mènent une révolution populaire qui (le) renversera », ont-ils averti dans un communiqué commun. « Pour introduire des réformes politiques radicales, il est nécessaire de commencer à élaborer une nouvelle Constitution qui garantisse les droits essentiels des citoyens et assure une totale séparation entre les pouvoirs législatif, judiciaire et exécutif, et de mettre en œuvre une réforme radicale du système judiciaire miné par la corruption », affirment-ils. Selon eux, « l'armée est la seule institution à même de conduire ce changement », en négociant notamment avec l'opposition.
Les militants accusent essentiellement les forces de sécurité, et non l'armée, d'être responsables de la répression meurtrière de la contestation. Depuis le début du mouvement le 15 mars, au moins 453 personnes ont été tuées, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.
Parallèlement, sur le terrain, des tirs étaient toujours entendus par intermittence hier à Deraa, où plus de 30 personnes avaient été tuées lundi et mardi, après l'entrée dans la ville de l'armée, appuyée par des chars et blindés, pour mater la contestation. Les tirs visaient en particulier des réservoirs d'eau, a indiqué un militant des droits de l'homme, Abdallah Abazid : « Les autorités mènent une campagne pour nous affamer et nous priver d'eau. »
Les autorités, qui accusent « des gangs criminels armés » d'être à l'origine du mouvement, affirment que l'armée est entrée à Deraa « à l'appel des habitants » pour en chasser « les groupes terroristes extrémistes ».
Par ailleurs, la page « Syrian News Network » (SNN), sur Facebook, a indiqué que des hélicoptères de l'armée syrienne ont survolé hier la ville de Talka, dans le gouvernorat de Homs. Au moins une personne aurait été tuée dans cette ville par les forces de l'ordre, selon la même source. Des coups de feu auraient également été entendus à Lattaquié où de nombreuses personnes auraient été arrêtées, ajoute SNN. Une vague d'arrestations auraient eu lieu dans la ville d'al-Tall, près de Damas, selon des militants actifs sur Facebook. Ces informations n'ont toutefois pas été confirmées par les autorités syriennes.
Toujours sur Facebook, un appel a été lancé pour manifester « à travers la Syrie », vendredi, baptisé « le vendredi de la colère ».
(Sources : rédaction et agences)

Plus de 230 membres du parti Baas au pouvoir ont annoncé leur démission, une trentaine dans la région de Banias (Nord-Ouest) et 203 dans la région du Houran (Deraa et ses environs), dans le sud de la Syrie. « Les services de sécurité ont bafoué les valeurs avec lesquelles nous avons grandi. Nous dénonçons et condamnons tout ce qui s'est passé et annonçons sans regret notre retrait du parti », ont affirmé les démissionnaires de la région de Banias, dans un texte parvenu à l'AFP. « Les pratiques des services de sécurité à l'encontre des citoyens sans armes à Banias et dans les villages voisins, notamment à Baïda, sont contraires à toutes les valeurs humaines et aux slogans du parti », disent-ils, en évoquant « les perquisitions dans les maisons, les tirs à balles réelles sans discrimination sur les gens,...
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