À l'époque, le terrorisme n'avait pas encore pointé du nez et le monde s'ébaudissait encore dans une « dolce vita » d'après-guerre sans prendre vraiment conscience de ce qui se préparait, de ce qui brûlait sous le volcan.
« Les chevaliers du ciel », en habits de pilote bien fringants, les casques sous le bras, faisaient le tour de la planète dans leurs Mirages. Le monde entier était un Mirage. En 1986, Tony Scott revisite l'école d'aéronavale américaine avec, à bord des F14 Tomcat de l'American Navy, deux pilotes émérites, Maverick, alias Tom Cruise, et Goose (Anthony Edwards). Ce sont de nouveaux chevaliers du ciel. Tout comme Tanguy et Laverdure, l'un est un dragueur éhonté, l'autre bon père de famille. Tout comme les pilotes français, ils sillonnent les airs, font des loopings et inscrivent les traces de leur courage tout près des nuages. On est encore à la fin des années 80, et si l'adversaire soviétique sévit encore dans toute sa splendeur, le terrorisme, ou le Mal décrit par la stratégie américaine à l'époque Bush, n'est pas encore né. Les avions font encore rêver, les pilotes aussi. Ils ne s'amusent pas à inscrire sur leurs tableaux de bord des dommages collatéraux. Honnêteté, loyauté, fidélité sont leurs consignes, mais surtout humanité.
Aujourd'hui, les rêves sont châtrés, les idéaux aussi. Quel que soit l'enjeu, quelle que soit la politique, quand un avion de chasse est dans les airs, ce n'est plus un chevalier qui va à la rescousse des plus faibles, mais un cavalier de l'Apocalypse qui fait tomber par milliers les foudres de la voûte céleste.
* De Jason Reitman.

