Réunis autour de la "Maison des Jeunes" de cette ville, à une centaine de km du poste-frontière de Dehiba, pris jeudi par des insurgés aux forces de Mouamar Kadhafi, les manifestants brandissaient des drapeaux de l’indépendance libyenne, ainsi que les drapeaux tunisien, français, italien, qatari et de l'Union européenne.
"Merci les Nations unies, la Ligue arabe, l'Otan, plus d'action serait appréciée", pouvait-on lire sur une pancarte.
Les hommes scandaient "de Benghazi à Tataouine nous ne sommes qu’un seul peuple", ou encore "la révolution est celle des jeunes et non d’Al Qaïda".
Les femmes et les enfants se tenaient à l’écart et reprenaient les slogans.
"Par ce +vendredi du merci+ nous tenons à exprimer notre gratitude aux pays qui nous ont aidés: le Qatar, les Emirats, le Koweit, la France, la Grande-Bretagne et même les Etats-Unis", déclare Fathi Bouzakhar, organisateur de la manifestation et coordinateur des réfugiés libyens à la "Maison des Jeunes".
"Deux cents personnes, soit vingt-cinq familles, habitent dans ce complexe, alors qu’il n’y a que trente lits, deux toilettes pour cent vingt hommes et deux autres pour quatre-vingt femmes", déplore le directeur, Sami Hamrouni.
En plus des 25 familles qui résident sur place, le complexe sert aussi de point d’approvisionnement de 65 autres familles libyennes réparties chez les habitants de Tataouine.
"Les ONG se bousculent à Ras Jdir (poste-frontière plus au nord) mais ici c’est la population locale qui accueille et nourrit!", s'emporte Sami.
Dans un hangar qui sert de réserve face à la Maison des jeunes, il ne reste presque plus rien: des pâtes et une centaine de bouteilles d’eau, plus de couvertures ni matelas.
A Tataouine, on attend de nouveux réfugiés fuyant l'ouest de la Libye, où les combats et bombardements se sont intensifiés ces deniers jours: un terrain vague, de 300 m de long sur 100 de large est en cours d’aménagement pour les accueillir.


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