Camara a offert une victoire précieuse pour le PSG en inscrivant le seul but de la rencontre face à Lyon sur une passe de Ludovic Giuly. Bertrand Langlois/AFP
Pour en avoir tellement bavé ces dernières saisons et même lors de certaines séquences au cours de l'actuel exercice, les Parisiens se mettent debout sur les freins face à la perspective d'un retour en C1 pour la première fois depuis 2004. Mais les mots qu'ils ont mis sur leur succès ne trompent pas. Mamadou Sakho parle d'un « très grand PSG ». Paris fait surtout des choses dont il ne se sentait pas forcément capable cette saison. « Les grandes équipes sont celles qui ont la capacité de faire mal à l'adversaire, même quand elles sont moins bien. C'est intéressant d'arriver à faire ça, constate Antoine Kombouaré. On les a cassés mentalement. Avoir marqué quand on était dans le dur, c'est une énorme satisfaction. » Malicieux malgré une certaine réserve face à son retour côté gauche, Sylvain Armand lâche que « tout est permis ». Même le titre ? Avec sept points de retard à sept journées de la fin, le pari vaut une sacrée cote. La question suscite chez les Parisiens le même sourire, empli de gêne et d'ambition réveillée.
Des matches charnière
Tous savent que pour avancer encore au classement, il faudra réussir une série inédite de trois victoires consécutives cette saison, et même davantage. « C'est le moment, tous les matches vont être un peu charnière. Il va falloir faire des séries », dit Armand. Les raisons d'y croire pullulent. D'abord, une vraie sécurité défensive, incarnée par son jeune capitaine. « Sakho est très impressionnant depuis un moment, et autour de lui, ça suit », illustre Camara. Kombouaré pensait avoir vu cent fois le film du PSG manquant de réalisme et piégé par ses insuffisances, mais un cap semble avoir été franchi. « J'ai eu peur que les joueurs aient le sentiment dans leurs têtes d'avoir laisser passer l'occasion, révèle-t-il. On s'attendait aussi à une réaction de Lyon qui a dû se faire bouger à la mi-temps. Mais on a concédé très peu d'occasions... »
Dans la liste des choses qui vont un peu moins bien, il y a quelques intrigues aux avant-postes. Erding est encore sorti couvert de sifflets, Nenê n'est plus efficace. « Les attaquants ne marquent pas, mais regardez, c'est Hoarau qui dévie sur le but, c'est la victoire, peu importe le buteur », dit Kombouaré. Le calendrier de fin de saison, qui réserve surtout des équipes de bas de tableau, est perçu comme un danger par l'entraîneur parisien. « Ce sont des matches contre des équipes qui jouent leur survie en L1 et vont tout donner », observe-t-il avant d'aller à Brest. Auparavant, il y aura la demi-finale de Coupe de France, à Angers, équipe de L2 chez laquelle le PSG n'aura pas le droit d'abandonner son trophée. Comme dit Camara : « Tout va tellement vite... »

