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Moyen Orient et Monde

Assad promet et... réprime : encore des tués en Syrie

Révolte Au lendemain d'un discours du président Bachar el-Assad promettant la levée imminente de l'état d'urgence, le peuple syrien a continué à manifester son hostilité au pouvoir du Baas. Des milliers de personnes sont descendues dans les rues, à Alep, Talbisseh, Soueyda, Deraa, mais aussi à Banias et à Lattaquié. Au moins quatre personnes ont été tuées hier par l'armée et les forces de l'ordre, et une centaine d'autres blessées à travers le pays,sans compter les arrestations par dizaines, dont beaucoup de femmes, selon les témoins.
OLJ
18/04/2011
Au moins quatre personnes ont été tuées hier par les forces de sécurité à Talbisseh, près de Homs, ont indiqué des témoins au lendemain de la promesse du président syrien Bachar el-Assad d'abroger d'ici à une semaine la loi d'urgence, emblématique du régime.
Les services de sécurité « ont ouvert le feu sur une foule composée de milliers de personnes » qui participaient aux obsèques d'un Syrien tué la veille dans la localité, ont indiqué des témoins. « Quatre personnes au moins ont été tuées mais le bilan pourrait être plus élevé. Il y a eu aussi plus de 50 blessés », a affirmé l'un des témoins. Selon la télévision d'État, « un policier à été tué et 11 autres blessés par des tirs d'une bande criminelle armée à Talbisseh ». À Soueyda, bastion des druzes syriens dans le sud du pays, trois personnes ont été blessées dans la dispersion d'une manifestation en faveur de la liberté et deux autres lors d'un rassemblement dans un village voisin pour les célébrations des 65 ans d'indépendance de la Syrie, ont affirmé des militants.
La Syrie est en proie depuis le 15 mars à une contestation inédite du régime du président Bachar el-Assad. L'opposition avait appelé à manifester hier à l'occation du 65e anniversaire de l'indépendance du pays. « Le peuple syrien a défini son objectif. Le jour de l'indépendance, c'est le jour de la liberté dans tous les gouvernorats », ont affirmé sur une page Facebook les organisateurs des manifestations. Cet appel a été suivi notamment à Lattaquié, premier port de Syrie, où environ 10 000 personnes ont défilé après les funérailles d'un manifestant qui avait été tué vendredi, Banias où quelque 2 500 personnes ont manifesté et Deraa où 4 000 personnes, dont d'anciens détenus politiques et des dignitaires religieux, se sont rassemblés, selon des militants des droits de l'homme. Par ailleurs, selon des témoignages, des dizaines de personnes ont été arrétées hier.
D'autre part, l'agence de presse SANA a fait état de la saisie hier par les douanes syriennes d'armes et de munitions cachées dans un camion en provenance d'Irak au point de passage frontalier de Tanaf, ajoutant que des armes avaient aussi été saisies récemment aux frontières avec la Turquie et le Liban.
Dans un discours samedi, M. Assad a annoncé que la commission juridique sur la loi d'urgence avait « élaboré une série de propositions en vue d'une nouvelle législation. Ces propositions seront soumises au gouvernement qui promulguera des lois (...) dans une semaine maximum ». « C'est un pas qui n'est pas suffisant », a estimé l'avocat syrien et défenseur des droits de l'homme Haytham Maleh, arrêté en octobre 2009 et libéré le mois dernier. « L'intervention des services de sécurité dans la vie des gens doit cesser et il faut laisser les protestataires manifester », a-t-il ajouté. Il a demandé la libération de tous les détenus politiques et de conscience. Pour M. Maleh, l'article 8 de la Constitution stipulant que le parti Baas est le dirigeant de la société et de l'État doit aussi « être annulé ». Le président de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, Rami Abdel Rahmane, a pour sa part estimé hier que l'abrogation de l'état d'urgence devait être « complétée par l'abolition des tribunaux d'exception et l'annulation de la loi qui interdit de sanctionner les agents de sécurité ». Saluant l'annonce de réformes « nécessaires et urgentes », le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a appelé le gouvernement syrien « à faire en sorte que les responsables des morts de civils rendent compte de leurs actes ».
Au moins 200 personnes ont été tuées depuis le début du mouvement de contestation il y a un mois, la plupart par les forces de sécurité ou par des policiers en civil, selon Amnesty International.
(Source : AFP)

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