En cas d'inculpation, ce dirigeant populiste devrait quitter le gouvernement, ce qui risque d'entraîner une crise politique majeure si son parti le suit, désintégrant la coalition de droite au pouvoir.
"Le procureur général a informé le ministre des Affaires étrangères par le biais de ses représentants légaux qu'il envisage de le traduire en justice pour une série de délits qu'il a commis en tant que député et en tant que ministre", est-il écrit dans le communiqué.
Ces délits "portent sur du blanchiment d'argent, la subornation de témoins, abus de confiance et des fraudes" diverses, précise le texte.
Toutefois, M. Lieberman, 52 ans, ne sera pas poursuivi formellement pour corruption, contrairement aux recommandations des enquêteurs.
Avant qu'une décision définitive ne soit prise concernant une inculpation, M. Lieberman aura la possibilité de s'expliquer devant le procureur général, Yehouda Weinstein, qui a les fonctions de conseiller juridique du gouvernement.
Au terme d'une enquête de plus de dix ans, la police avait recommandé en août 2009 l'inculpation de M. Lieberman pour corruption, blanchiment d'argent et obstruction à la justice dans le cadre d'une enquête sur le versement occulte de 2,5 millions de dollars via des sociétés écran et comptes bancaires pour financer ses campagnes électorales.
En outre, il est accusé d'avoir obtenu de l'ex-ambassadeur d'Israël au Bélarus, Zeev Ben-Arieh, lors d'une visite à Minsk en octobre 2008, la photocopie d'un document secret relatif à l'enquête.
Le ministère israélien de la Justice y demandait l'aide de son homologue du Bélarus pour vérifier des comptes bancaires dans ce pays et interroger diverses personnalités.
M. Ben-Arieh aurait normalement dû remettre le document scellé aux autorités de Minsk. M. Lieberman a donc été informé par avance des questions que la police allait lui poser durant l'interrogatoire.
Toujours selon les médias, M. Ben-Arieh a reconnu les faits au cours d'interrogatoires policiers. Il est passible de 15 ans de prison.
Après avoir accédé en 2009 au poste de ministre des Affaires étrangères, M. Lieberman avait nommé M. Ben-Arieh conseiller politique à ce même ministère.
M. Lieberman, personnalité controversée, qui a été l'objet de plusieurs enquêtes depuis 1996, a nié toute malversation, affirmant que les enquêtes dont il était l'objet étaient politiquement motivées. Il plaide l'innocence et se dit "harcelé" depuis plus de dix ans par la police.
Son parti, à l'extrême droite de l'échiquier politique, est le troisième en importance au Parlement avec 15 députés sur un total de 120.
Israël Beiteinou, au départ russophone, fait campagne depuis des années contre la minorité arabe d'Israël qu'elle accuse d'être "déloyale" envers l'Etat.


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