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Moyen Orient et Monde - Syrie

Le mouvement de protestation atteint l’université de Damas

Alors que l'armée encerclait Banias, un groupe d'étudiants a observé, hier, un sit-in à l'université de Damas en signe de solidarité avec les contestataires de cette ville côtière. Paris, Rome, Berlin et Londres ont, par ailleurs, condamné la répression.

Selon un leader de l’opposition à Banias, une trentaine de chars assiègent la ville.Photo Reuters

Les forces de sécurité syriennes ont bouclé dans la nuit de dimanche à lundi les accès à la ville côtière de Banias, théâtre de violences à caractère religieux imputées à des miliciens partisans du président Bachar el-Assad, ont rapporté des témoins. Un militant des droits de l'homme a confirmé que les routes menant à Banias étaient bloquées. « Nous avons essayé de rejoindre Banias à partir de l'autoroute longeant la côte, mais la police secrète bloquait la sortie principale et forçait les voitures à faire demi-tour. Les routes voisines étaient également bloquées », a-t-il dit. « L'électricité est coupée depuis hier, les gens sont terrifiés », a déclaré par téléphone à Reuters Anas al-Shouhri, l'un des organisateurs des manifestations. « L'armée est déployée dans les rues et il y a des barrages dans tout le secteur. » « Trois soldats ont essayé de rallier les manifestants après avoir refusé d'ouvrir le feu, mais leurs supérieurs leur ont tiré dessus et ils ont été blessés », a encore ajouté le militant.
Après des manifestations en faveur de la démocratie le week-end à Banias, ville majoritairement sunnite entre Lattaquié et Tartous, des miliciens alaouites, les « chabbiha », circulant en voiture ont ouvert le feu à l'arme automatique sur des habitants. « Les rues de la ville se sont vidées après ces meurtres. Les gens ont peur. Les chabbiha tirent de manière aveugle et on peut voir les impacts de balles sur les bâtiments », a déclaré un défenseur des droits de l'homme. Selon un médecin et un professeur d'université, ces chabbiha ont notamment attaqué un groupe de personnes gardant la mosquée sunnite Abou Bakr al-Siddiq. Au moins quatre personnes ont été tuées, a déclaré à Reuters l'Observatoire syrien des droits de l'homme.
L'agence officielle SANA a de son côté indiqué qu'une embuscade dimanche après-midi contre un convoi militaire sur une route de Banias avait fait neuf morts parmi les militaires, dont deux officiers, et plusieurs blessés.
Sur Facebook, la page « Syrian News Network » (SNN) a indiqué que des blindés étaient déployés dans certains quartiers à Homs et que la ville de Teldo était encerclée. L'armée syrienne aurait également envoyé plus de 2 500 soldats en renfort à Deraa, selon SNN.
Dans la capitale, un groupe d'étudiants a observé hier un sit-in en signe de solidarité avec les victimes de Deraa (Sud) et de Banias dans l'enceinte de la faculté des sciences à l'Université de Damas. « Les forces de l'ordre sont intervenues et il y aurait eu des arrestations », a déclaré le militant des droits de l'homme Abdel-Karim Rihaoui. Un autre militant prodémocratie a indiqué avoir reçu un SMS disant qu'un étudiant avait été tué par les forces de l'ordre qui encerclent la faculté, information qui n'a pas pu être validée.
Toujours à Damas, les autorités syriennes ont arrêté hier l'écrivain et journaliste Fayez Sara, ainsi que deux autres opposants importants dimanche, a indiqué M. Rihaoui.
Un responsable syrien, cité par la chaîne al-Jazira, a affirmé par ailleurs que le président a rencontré hier une délégation de familles de Douma et a ordonné la libération de 200 personnes arrêtées lors des dernières manifestations. Pas suffisant pour les contestataires, puisque SNN a publié un communiqué qui serait attribué aux « habitants de Soueida » (une région à majorité druze) appelant à une manifestation contre le régime, demain à partir de 13 heures.
Du côté de la communauté internationale, la France a exhorté hier Damas « à renoncer immédiatement à l'usage de la force contre les manifestants ». Le gouvernement allemand a également condamné les violences commises par les forces de sécurité contre des manifestants en Syrie, qu'il a jugées « révoltantes » et « consternantes ». Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague et son homologue italien Franco Frattini ont « tous deux jugé la situation en Syrie profondément préoccupante, et la violence contre les manifestants inacceptable ». Le roi Abdallah II de Jordanie a cependant envoyé un message au président Assad pour réaffirmer l'attachement de son pays à établir « les meilleures relations » avec Damas, selon l'agence officielle syrienne SANA.
Dans un communiqué diffusé par SANA, le Front national progressiste (FNP, coalition de partis dirigés par le parti Baas) a affirmé que le pays était confronté à « des défis dangereux en raison des complots et des pressions extérieures ». « Pour pouvoir réaliser des réformes politiques, économiques et démocratiques, le calme et la stabilité doivent régner dans la société », a ajouté le FNP.
Onze ans après son accession au pouvoir, le président Assad est confronté à un mouvement de contestation sans précédent dans l'histoire moderne de la Syrie où l'état d'urgence est en vigueur. Au moins 90 personnes sont mortes depuis le début des manifestations, parties de Deraa, dans le sud du pays.
(Source : agences)
Les forces de sécurité syriennes ont bouclé dans la nuit de dimanche à lundi les accès à la ville côtière de Banias, théâtre de violences à caractère religieux imputées à des miliciens partisans du président Bachar el-Assad, ont rapporté des témoins. Un militant des droits de l'homme a confirmé que les routes menant à Banias étaient bloquées. « Nous avons essayé de rejoindre Banias à partir de l'autoroute longeant la côte, mais la police secrète bloquait la sortie principale et forçait les voitures à faire demi-tour. Les routes voisines étaient également bloquées », a-t-il dit. « L'électricité est coupée depuis hier, les gens sont terrifiés », a déclaré par téléphone à Reuters Anas al-Shouhri, l'un des organisateurs des manifestations. « L'armée est déployée dans les rues et il y a des...
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