Le président ivoirien internationalement reconnu, Alassane Ouattara, était hier confronté au défi majeur du rétablissement de la sécurité, particulièrement à Abidjan où le sortant Laurent Gbagbo restait retranché dans son bunker défendu par des centaines de combattants. Après l'impasse politique née de l'élection présidentielle du 28 novembre et l'enlisement militaire, Abidjan, livrée aux pillards, est confrontée à l'urgence humanitaire : le système de santé s'est effondré, l'électricité est souvent coupée, les réserves de nourriture s'amenuisent et l'ONU a annoncé hier que la capitale est privée d'eau depuis quatre jours. M. Ouattara a demandé aux responsables de ses forces « de prendre toutes les dispositions pour assurer le maintien de l'ordre et la sécurité des biens ». Les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), au cours de leur mission de sécurisation d'Abidjan, ont commencé à récupérer hier des objets qui avaient été pillés.
M. Ouattara a également annoncé un prochain allègement du couvre-feu en vue de permettre un « retour progressif à la normalité » et a appelé son peuple à l'unité afin de relancer la reconstruction du pays. Abondant dans ce sens, l'Union européenne a annoncé avoir supprimé ses sanctions à l'encontre des deux grands ports d'Abidjan et de San Pedro, ainsi que contre deux entreprises liées aux secteurs stratégiques du pétrole et du cacao, afin de soutenir Alassane Ouattara.
Dans l'ouest du pays, désormais aux mains des forces fidèles à Ouattara, des enquêteurs de l'ONU ont par ailleurs découvert « plus de cent corps ces dernières 24 heures en trois endroits dans l'Ouest », Duékoué, Bloléquin et Guiglo, a déclaré à Genève un porte-parole du Haut-Commissariat aux Droits de l'homme, précisant que ces meurtres semblaient avoir eu des mobiles « ethniques ».
Alassane Ouattara, dans sa première allocution télévisée depuis l'aggravation de la crise postélectorale des dernières semaines, avait promis jeudi soir que « la lumière sera faite sur tous les massacres ».
Du côté de Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, le leader des Jeunes Patriotes du président sortant, a appelé hier d'un ton qui se voulait ferme à un « dialogue interivoirien », dans un entretien à la chaîne France 24. « C'est la seule issue pour contrôler cette crise, sinon on ne pourra jamais faire disparaître tous les pro-Gbagbo ou les pro-Outtara de la Côte d'Ivoire », a déclaré M. Blé Goudé.
Enfin, pour échapper à « un grave danger », l'ambassadrice d'Inde a par ailleurs été évacuée de sa résidence par des Casques bleus de l'ONU et des militaires français, selon New Delhi.
(Source : AFP)
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