Stéphanie Farhat, auteur et interprète.
La première actualité de Stéphanie Farhat, qu'il est difficile d'occulter, est en rapport avec les sanglants événements de son pays. Venue au Liban pour promouvoir son album Eclectic, entre deux télés et autant d'émissions radios, elle exprime d'un regard parfois lointain la tristesse et la crainte qui la saisissent depuis que la violence s'est emparée de ses repères.
Mais, très vite, ce regard s'éclaire de passion. Car l'autre actualité de Stéphanie, plus heureuse, est la diffusion de son nouvel album assorti du clip d'un des titres phares : Coffee Shop. Produit après des années d'écriture et de composition avec son complice Alain Sawaya, précédé d'un premier album baptisé Into the Circle (paru en 2004), alors que la jeune femme cherchait encore son rythme et une identité musicale située entre l'Afrique, l'Orient et l'Occident. « Je me découvrais alors - même si je continue à le faire ! - et je me retrouvais bien dans une ambiance "dance". Cette fois-ci, j'ai eu envie de jouer sur un registre plus émotionnel. Plutôt que d'être sur scène avec des danseurs, dans un show musical, j'ai eu envie d'être en studio et sur scène avec des musiciens et des textes à chanter. Mon parcours, poursuit-elle, est assez atypique. J'ai fait des études d'art, travaillé dans l'illustration et la publicité avant de rencontrer Alain qui possède un des plus grands studios en Côte d'Ivoire. » C'est lui qui va transformer cette simple envie de chanter en véritable projet.
La rencontre s'est déroulée dans un coffee shop de la capitale, ce « petit théâtre de la vie », comme elle le dit et le chante. Un bon choix, que le titre Coffee Shop, signé L Mars (Marcel Nassar), pour lancer ce CD diversifié dans lequel les 14 titres passent du « slow au rock, ainsi que le pop et le swing ». La voix de la chanteuse navigue alors en toute souplesse d'un style à l'autre, d'une humeur à l'autre, dans les deux langues. Une véritable « fusion », un mélange des genres qu'elle a mis du temps à finaliser. Le clip a été tourné à Beyrouth avec une équipe d'amis, Joanna Nemr, à la réalisation, et Bashir Hajj, à la photo. « C'est frais, c'est joyeux, on a besoin de ça ! » dit-elle.
« Je n'ai pas envie de me limiter à un style », et certainement pas envie d'arrêter. Dans ses projets à venir, la scène, « une expérience indispensable. Quand on est passionné, conclut-elle, on ne peut pas s'arrêter ».
*Eclectic, Stéphanie Farhat, en vente dans tous les Virgin Megastore.


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