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Moyen Orient et Monde - Côte D’Ivoire

Le régime Gbagbo vit ses dernières heures

Le régime du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo vivait ses dernières heures hier soir : des négociations étaient en cours pour son départ, et le chef de son armée a affirmé avoir « arrêté les combats » et demandé un cessez-le-feu.

Un soldat pro-Ouattara regarde un tank brûlé sur le côté de la route, après de violents combats à Abidjan. Emmanuel Braun/Reuters

Le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo refusait toujours hier soir de reconnaître sa défaite malgré l'écroulement de son régime. Alors que la France et l'ONU exigent qu'il signe un document dans lequel il renonce au pouvoir et reconnaît son rival, Alassane Ouattara comme président, il a averti qu'il n'en était pas question. « Je ne reconnais pas la victoire de Ouattara. Pourquoi voulez-vous que je signe ça ? » a-t-il lancé lors d'un entretien sur la chaîne française LCI. « Retranché » d'après les Nations unies dans un « bunker » au sous-sol de sa résidence, autour de laquelle avaient convergé dans la matinée les combattants du président reconnu par la communauté internationale Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo s'obstinait. « Je trouve absolument ahurissant que la vie d'un pays se joue sur un coup de poker de capitales étrangères », a-t-il lâché. « Je sors d'un culte pour prier, pour que la sagesse habite les uns et les autres, pour que l'on discute », a encore déclaré ce fervent chrétien évangélique. « Que l'on s'asseye et qu'on discute, mais on ne veut pas s'asseoir, parce qu'on compte sur les forces armées étrangères », a-t-il déploré. « Moi, je ne suis pas un kamikaze, j'aime la vie. Ma voix n'est pas une voix de martyr, je ne cherche pas la mort, mais si la mort arrive, elle arrive », a-t-il encore expliqué.
Il y a actuellement des « tractations » au sujet de Laurent Gbagbo mais « pas encore de reddition », a affirmé la présidence française. Même son de cloche du côté de l'ONU. Selon une source proche du dossier, une autre pierre d'achoppement était la destination de M. Gbagbo : restera-t-il sur ses terres ou ce nationaliste farouche sera-t-il contraint à l'exil ? Un document interne de l'ONU précise que « (...) M. Gbagbo a demandé la protection de l'Onuci », l'opération des Nations unies en Côte d'Ivoire.
Selon le Premier ministre français François Fillon, « deux généraux proches » de M. Gbagbo étaient actuellement « en train de négocier les conditions d'une reddition ». Le président américain Barack Obama a appelé l'ex-homme fort d'Abidjan à « démissionner immédiatement ».
Ministre des Affaires étrangères de M. Gbagbo et proche parmi les proches, Alcide Djédjé jouait un rôle-clé dans l'épilogue en cours. Il s'est rendu chez l'ambassadeur de France, dont la résidence jouxte celle de M. Gbagbo, pour négocier un cessez-le-feu « à la demande », selon lui, du sortant. Le chef d'état-major de l'armée loyale à M. Gbagbo, le général Philippe Mangou, a peu après déclaré que ses troupes avaient « demandé au général commandant l'Onuci un cessez-le-feu ». « Nous avons arrêté les combats », a-t-il ajouté. Après des jours de combats à l'arme lourde à Abidjan, les armes se sont quasiment tues dans la métropole ivoirienne. « Il y a un arrêt des combats, mais il y a des tirs sporadiques de la part de groupes de jeunes qui ne font pas partie » des forces belligérantes, a indiqué la mission onusienne Onuci. Quelques tirs d'armes lourdes ont notamment retenti dans le quartier de Cocody (Nord), qui abrite la résidence présidentielle. Les habitants, dans leur immense majorité terrés chez eux, restaient suspendus à l'annonce de la fin de l'ère Gbagbo, tandis que la télévision TCI du camp Ouattara diffusait des extraits de Downfall, film sur les derniers jours d'Adolf Hitler.
Le Haut-Commissariat de l'ONU aux Droits de l'homme a fait état de « dizaines de morts » ces derniers jours dans des combats à l'arme lourde. « La situation humanitaire s'est encore détériorée et est devenue absolument dramatique à Abidjan », pour le Bureau de coordination des Affaires humanitaires des Nations unies. Les Nations unies ont en outre estimé à « plusieurs centaines » le nombre de personnes qui ont péri dans des massacres la semaine dernière à Duékoué, dans l'ouest du pays, révélant dans le même temps l'existence d'un charnier contenant 200 corps. L'Union africaine a condamné de son côté les « abus » et les « violations des droits de l'homme », et a de nouveau appelé à « la protection impérative de la population civile ».
Une polémique a enfin éclaté sur les frappes de l'ONU et de la France. Le président en exercice de l'UA, le chef de l'État équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, les a condamnées et la Russie a dit étudier leur « légalité ». À l'inverse, le Nigeria a soutenu cet engagement. Pour le Sénégal, autre allié majeur de M. Ouattara, l'intervention répondait à une demande de l'Afrique de l'Ouest. « M. Obama soutient également » fermement les frappes de l'ONU et de la France, bombardements qui avaient précipité l'effondrement du régime.
(Source : agences)
Le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo refusait toujours hier soir de reconnaître sa défaite malgré l'écroulement de son régime. Alors que la France et l'ONU exigent qu'il signe un document dans lequel il renonce au pouvoir et reconnaît son rival, Alassane Ouattara comme président, il a averti qu'il n'en était pas question. « Je ne reconnais pas la victoire de Ouattara. Pourquoi voulez-vous que je signe ça ? » a-t-il lancé lors d'un entretien sur la chaîne française LCI. « Retranché » d'après les Nations unies dans un « bunker » au sous-sol de sa résidence, autour de laquelle avaient convergé dans la matinée les combattants du président reconnu par la communauté internationale Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo s'obstinait. « Je trouve absolument ahurissant que la vie d'un pays se joue sur un coup...
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