« Soixante-dix-sept, en majorité des Français », sont partis dans la nuit de samedi à dimanche et « quatre-vingt-dix » hier dimanche en fin d'après-midi. « Il ne s'agit pas d'évacuations, mais de possibilités offertes pour partir. Les vols commerciaux n'ont pas repris, ce sont donc des vols spéciaux », a précisé le commandant de la Licorne, Frédéric Daguillon. « Cet après-midi, il y avait beaucoup de nationalités, notamment des Libanais », a-t-il indiqué.
D'autre part, plus de 1 650 ressortissants étrangers, dont environ la moitié de Français, plus d'une cinquantaine d'Européens, quatre Américains et beaucoup de Libanais se sont regroupés hier matin dans le camp militaire français de Port-Bouët à Abidjan, où des combats ont eu lieu autour des bastions de Laurent Gbagbo. Il est à noter que le Quai d'Orsay évalue à 12 000 le nombre de Français en Côte d'Ivoire, dont 11 800 à Abidjan. La principale communauté étrangère d'origine non africaine est libanaise, avec environ 80 000 ressortissants. L'un d'entre eux, Mounahhad Ibrahim, a été blessé hier d'une balle perdue à l'estomac. Il a été transporté à l'hôpital, et son état est bon et stable. Il n'empêche : notre correspondant au palais Bustros Khalil Fleyhane assure, citant l'ambassadeur du Liban à Abidjan Ali Ajami, que la France a indiqué à ce dernier qu'elle n'était plus en mesure d'aider les Libanais, de même que l'Onuci. Et pour preuve, les appels désespérés des membres de la diaspora ivoirienne aux chaînes de télévision libanaises, qui critiquent notamment les mesures adoptées par le ministre sortant des AE, Ali Chami. Lequel, obéissant ainsi aux directives du président de la République, Michel Sleiman, a demandé à Ali Ajami de mettre sur pied un QG à l'aéroport d'Abidjan en préparation des opérations d'évacuation à venir. A ce moment-là, les Libanais qui n'ont pas les moyens de se payer des billets d'avion pourront emprunter n'importe quelle compagnie d'aviation aux frais de l'État libanais.

