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Liban - Crise

Gouvernement : Mikati se veut optimiste

À en croire des sources de la majorité, le compte à rebours pour la mise en place du nouveau cabinet a commencé. Mais rien n'est moins sûr.
Selon des sources de la majorité, citées par l'agence locale al-Markaziya, le Premier ministre désigné, Nagib Mikati, se serait fixé une semaine pour former son équipe, conformément aux principes qu'il juge conformes à la Constitution. Le chef du PSP, Walid Joumblatt, multiplie les contacts dans les coulisses afin d'en faciliter la naissance, parallèlement à ceux engagés par M. Mikati. Mais les obstacles à la naissance du deuxième cabinet Mikati sont loin d'être aplanis.
Selon les mêmes sources, le Hezbollah aurait demandé au chef du gouvernement désigné de réagir favorablement aux revendications du chef du CPL, le général Michel Aoun, en confiant à son bloc, avec lequel il faut également compter les Marada et le Tachnag, 10 portefeuilles ministériels, quitte à ce qu'il lui remette, en plus, un ministère dont la gestion aurait dû être confiée à un des représentants du parti de Dieu. Ce qui en tout fera 11 ministères au bloc Aoun, qui en réclame 12. Favorable au maintien de M. Ziyad Baroud à la tête du ministère de l'Intérieur, le Hezbollah se serait engagé dans le même temps à contribuer au règlement du problème que pose la répartition des ministères, avec le général Aoun, qui exige toujours d'avoir ce portefeuille.
Mais M. Mikati est loin de vouloir s'écarter des constantes qu'il s'est fixées, dont principalement la composition d'une équipe au sein de laquelle aucune partie ne détiendrait la minorité de blocage. Et le général Aoun est loin de vouloir faire des concessions. On reste donc au point zéro.
Au sein même de la nouvelle majorité, les divergences de vues motivées par les appétits débordants pour les portefeuilles ministériels n'arrangent pas les choses. Cité par le site d'informations Nowlebanon, une source responsable de la majorité a fait état d'un « manque de confiance » au sein des composantes du 8 Mars, au moment où le secrétaire général du PSP, Chérif Fayad, déplorait dans une déclaration à la radio « les revendications contradictoires de toutes les parties ». Ce manque de confiance s'est reflété dans les propos tonitruants tenus par le député Talal Arslan au terme d'un entretien à Rabieh avec le général Michel Aoun.
Le chef druze exige d'être nommé à la tête d'un portefeuille dit « régalien ». Il est parti en guerre contre « une idée reçue selon laquelle des portefeuilles régaliens ne peuvent pas être confiés à un druze, un grec-catholique ou un arménien, parce qu'ils représentent des minorités ». « Je n'accepterai pas qu'on complote contre ma communauté », a-t-il tonné, affirmant qu'il est hors de question pour lui d'accepter un ministère d'État. M. Arslan a dénoncé « un piratage » dans la façon de gérer le dossier gouvernemental, reprochant à M. Mikati « un manque de transparence » et « une légèreté dans sa façon d'aborder la participation sunnite ».
Alors que dans les rangs du Hezbollah la discrétion était de mise pour ce qui est des remarques au sujet du gouvernement, les députés proches du président de la Chambre affirmaient que « rien ne justifie un retard dans la mise en place de la nouvelle équipe ministérielle ». Un avis qui n'est pas cependant partagé par deux députés du Bloc du changement de la réforme, Hikmat Dib et Youssef Khalil.
Dans une déclaration à la radio, M. Dib a indiqué en substance qu'il serait utopique de croire qu'il serait possible de mettre en place un cabinet si l'Intérieur n'est pas confié au bloc Aoun, au moment où M. Khalil, abondant dans le même sens, assurait que ce portefeuille « revient de droit au général Aoun qui est à la tête de la nouvelle majorité et qui représente le bloc parlementaire le plus large après celui du Courant du futur ». Il a expliqué l'attachement du chef du CPL à ce ministère « par son impact sur les législatives et l'application de la loi électorale », soulignant que la nouvelle majorité refuse qu'il soit « détenu par une personne déterminée, avec tout le respect que nous devons à M. Ziyad Baroud. Il a aussi mis l'accent sur la nécessité de réformer sa structure et son fonctionnement ».
Rejetant les propos sur « les conditions rédhibitoires » posées à M. Mikati, M. Khalil a estimé que des facteurs internes et externes sont à l'origine du retard dans la formation du cabinet. Selon lui, la nouvelle équipe « doit être en harmonie avec les nouveaux gouvernements arabes émergeant après les récents bouleversements et tenir compte du nouvel équilibre politique et des circonstances régionales et internationales ».
Quant au ministre sortant du Tourisme, Fadi Abboud, il a déploré le fait que « ce qui s'applique aujourd'hui au Bloc du changement et de la réforme et concernant les portefeuilles régaliens ne s'applique pas à d'autres groupes libanais », jugeant que tous doivent faire des concessions. « Mais certains points de principe sont indiscutables pour le bloc », a-t-il ajouté.
Quoi qu'il en soit, même si M. Mikati s'est fixé un nouveau délai pour former son équipe, il reste que peu partagent son optimisme. De sources informées, on indique que même la Syrie préfère pour le moment que son turbulent voisin reste sans gouvernement étant donné les remous qui se produisent sur son sol.
Selon des sources de la majorité, citées par l'agence locale al-Markaziya, le Premier ministre désigné, Nagib Mikati, se serait fixé une semaine pour former son équipe, conformément aux principes qu'il juge conformes à la Constitution. Le chef du PSP, Walid Joumblatt, multiplie les contacts dans les coulisses afin d'en faciliter la naissance, parallèlement à ceux engagés par M. Mikati. Mais les obstacles à la naissance du deuxième cabinet Mikati sont loin d'être aplanis.Selon les mêmes sources, le Hezbollah aurait demandé au chef du gouvernement désigné de réagir favorablement aux revendications du chef du CPL, le général Michel Aoun, en confiant à son bloc, avec lequel il faut également compter les Marada et le Tachnag, 10 portefeuilles ministériels, quitte à ce qu'il lui remette, en plus, un ministère dont la...
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