Parmi ces mesures, il a cité la création d'emplois par l'« incitation des entreprises à faire un effort similaire à l'État, qui va lancer un programme de recrutement exceptionnel » dans la fonction publique. Plus de 15 000 postes sont prévus pour 2011. Quelque 200 000 jeunes seront pris en charge à travers « les interventions des mécanismes de la politique active de l'emploi » et bénéficieront durant 10 mois d'une prime de 200 dinars (environ 100 euros), a-t-il ajouté.
Ce programme économique et social est axé aussi sur l'encouragement des investissements dans les zones régionales par l'exonération des entreprises des taxes sur les salaires sans limitation dans le temps pour les projets opérant dans les secteurs de l'industrie et de l'artisanat. Les nouveaux projets touristiques dans les zones de développement régional bénéficieront d'une prise en charge par l'État de la contribution patronale au régime légal de Sécurité sociale.
L'État soutiendra également les entreprises totalement exportatrices en leur permettant d'écouler en 2011 une partie de leur production sur le marché local dans la limite de 50 % de leur chiffre d'affaires à l'export réalisé au cours de l'année 2010.
Les autres points de ce programme portent sur l'amélioration de la liquidité des contribuables et la simplification de leurs obligations fiscales. Le volet social inclut notamment le renforcement des aides aux familles nécessiteuses, l'octroi de microcrédits ou des dotations pour l'amélioration du logement de 20 000 familles ainsi qu'une aide de 400 dinars (environ 200 euros) pour les Tunisiens revenant de Libye et 600 dinars (300 euros) par famille.
Le ministre a également insisté sur la question de la sécurité, « une donnée essentielle pour tout développement de l'activité des individus et des sociétés », a-t-il dit. « Le soutien à la révolution et à la démocratie passe par la sauvegarde de notre économie (..), la révolution ne veut pas dire le chaos et l'histoire a démontré que des révolutions ont échoué à cause de surenchères qui ont mis à mal leurs économies », a averti M. Ayed.
Avant de présenter le plan d'action gouvernemental, Jalloul Ayed avait dressé un sombre tableau économique du pays, faisant notamment état d'une croissance entre 0 et 1 % pour 2011 et de créations d'emplois plus de trois fois inférieures à celles qui étaient prévues initialement. « En l'absence de mesures urgentes, nous devons nous attendre à une croissance de 0 à 1 % en 2011 », avait-il déclaré. Le budget 2011, adopté fin 2010 avant la chute du régime du président Ben Ali, le 14 janvier, tablait sur une croissance de 5,4 %.
(Source : AFP)

