Le Koweït a décidé hier l'expulsion de diplomates iraniens accusés d'avoir conspiré contre la sécurité du petit émirat pétrolier, ouvrant une grave crise entre les deux pays du Golfe. « Il va y avoir des mesures contre un groupe de diplomates iraniens. Ils vont être considérés comme persona non grata, et ils seront expulsés du Koweït », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, cheikh Mohammad al-Sabah. « Le jugement de la cour démontre qu'il y a un complot contre la sécurité politique, militaire et économique qui était en préparation » par la République islamique, a assuré le ministre. « Il y a eu un réseau de comploteurs liés à des représentants officiels de la République islamique. En conséquence, nous avons établi une cellule de crise au ministère des Affaires étrangères et nous avons rappelé notre ambassadeur à Téhéran », a ajouté le ministre. En outre, le chargé d'affaires iranien à Koweït, Sayyed Mohammad Shehabi, a été convoqué au ministère des Affaires étrangères et s'est vu remettre une note de protestation, selon l'agence koweïtienne KUNA. « La sécurité et la stabilité du pays sont des lignes rouges » à ne pas franchir, a déclaré le sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères, Khaled al-Jarallah, mettant en garde contre « les graves incidences de cette affaire sur les relations bilatérales ».
La mesure d'expulsion intervient après la condamnation à mort par une cour koweïtienne de trois personnes accusées d'espionnage au profit de la République islamique. Téhéran a rejeté ces accusations comme « mensongères », au moment où Bahreïn, l'Arabie saoudite et les États-Unis soupçonnent l'Iran de chercher à provoquer des troubles confessionnels dans les États du Golfe. Citant une « source informée au ministère des Affaires étrangères », l'agence officielle IRNA a réaffirmé hier que l'Iran n'avait « aucun lien » avec les trois personnes condamnées. L'affirmation selon laquelle des espions travaillaient pour l'Iran au Koweït « est infondée », a encore assuré cette source.
Parallèlement, le gouvernement koweïtien a démissionné hier sous la pression de députés de l'opposition qui réclament un nouveau Premier ministre. Cette tension entre l'exécutif et le législatif n'a toutefois rien à voir avec les mouvements de contestation populaire qui agitent plusieurs pays arabes. Le pays est secoué depuis cinq ans par des crises politiques à répétition. La démission du cabinet est intervenue après que des députés eurent soumis au Parlement des demandes d'audition de trois ministres, tous membres de la famille régnante des al-Sabah, pour diverses affaires, dont une affaire de corruption.
En vertu de la loi koweïtienne, l'émir cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah est le seul habilité à nommer le Premier ministre. Il peut accepter ou refuser la démission du gouvernement, comme il peut charger l'actuel chef du cabinet cheikh Nasser Mohammad al-Ahmad al-Sabah ou une autre personnalité de former un nouveau gouvernement. Il s'agit du 6e gouvernement à démissionner depuis que le Premier ministre, cheikh Nasser, a été nommé à la tête du cabinet il y a cinq ans. Durant cette période, le Parlement a été dissous à trois reprises, donnant lieu à chaque fois à des élections législatives anticipées, les dernières ayant été organisées en mai 2009.
(Source : AFP)
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