Les milieux de Verdun précisent que les contacts se poursuivent « d'une façon positive » à plus d'un niveau afin d'assurer le suivi de la réunion pentagonale. Une longue conversation téléphonique a ainsi eu lieu entre le président de la Chambre et le PM désigné. En revanche, les milieux en question ont refusé de confirmer ou d'infirmer les rumeurs autour d'une rencontre entre Nagib Mikati et le patron du Hezbollah, Hassan Nasrallah, comme ils ont refusé de commenter les propos concernant les « mauvaises » relations qui les unissent. Ces milieux se sont contentés d'ânonner que les rapports avec le Hezb sont bons et que le contact est permanent. Il n'empêche : des observateurs avertis assurent que Nagib Mikati a bien fait comprendre à Hassan Nasrallah comme aux autres qu'il refuse tout tiers de blocage et que le prochain cabinet sera le sien, que c'est à lui que revient le final cut.
Concernant la conversation téléphonique d'hier entre Nagib Mikati et le président syrien Bachar el-Assad, les milieux de Verdun ont précisé qu'il soulignait l'appui du second au premier et que les deux hommes ont parlé de la situation régionale « sans aucunement évoquer le volet politique au Liban et les troubles internes en Syrie ».
Par contre, aucun contact n'a été enregistré hier entre Verdun et Rabieh au lendemain de la visite de courtoisie de Nagib Mikati à l'Hôtel-Dieu de France auprès de Michel Aoun. On escompte une relance des discussions avec le CPL « dans les deux prochains jours ».
En attendant, les milieux de Nagib Mikati se disent « surpris » des propos autour du nœud sunnite pro-8 Mars ou du cas Fayçal Karamé, rappelant que Nagib Mikati s'est montré « dès le départ ouvert à toutes les parties, dont les sunnites du 8 Mars. Sauf qu'il n'a jamais été question d'octroyer un portefeuille à Fayçal Omar Karamé, pour des considérations liées aux relations entre la famille de l'ancien Premier ministre Omar Karamé et Ahmad Karamé, député de Tripoli et colistier du président Mikati. Il était prévu depuis le départ que le président Karamé propose au PM désigné une personnalité sunnite qu'il souhaiterait voir intégrer le futur cabinet ». Ces milieux se sont également étonnés des propos répétés au sein du 8 Mars sur les « hésitations » de Nagib Mikati, assurant que ce dernier est déterminé à exercer toutes les prérogatives qui sont les siennes en toute circonstance. Ils ont en outre refusé le terme de « gouvernement du fait établi », expliquant que le PM désigné a deux formules dans sa besace. Enfin, les milieux de Verdun répètent à qui veut les entendre que les rumeurs d'une éventuelle récusation de Nagib Mikati sont totalement infondées.
Reste que tout dépend de ce qui va se passer en Syrie aujourd'hui. Si l'opposition réussit son pari, le Liban risque d'entrer dans une grande zone de turbulences au Sud : Damas demandera au Hezbollah d'embraser la ligne bleue. Par contre, si la manifestation des opposants syriens ne donne rien, le gouvernement Mikati naîtrait probablement lundi, quelle que soit sa forme, politique ou technocratique.


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