"Nous pouvons confirmer qu'il a été libéré", a déclaré à l'AFP un responsable du Parquet général d'Afghanistan ayant requis l'anonymat, précisant que M. Qasimi avait été remis en liberté sur ordre du procureur général d'Afghanistan, Mohammad Ishaq Alako, qui avait pourtant demandé son placement en détention préventive lundi.
Le porte-parole de M. Alako, Amanullah Iman, a refusé de commenter, mais un proche de M. Qasimi a confirmé à l'AFP la libération de l'ex-ministre des Transports.
Celui-ci est accusé, selon le Parquet, d'abus de pouvoir et de mauvaise gestion de fonds publics dans le cadre de l'achat de deux avions pour la compagnie nationale Ariana, durant ses fonctions entre 2004 et 2005.
Le lendemain de l'arrestation de M. Qasimi, le Parquet avait annoncé l'interpellation pour malversations de Noorullah Delawari, un haut conseiller du président Hamid Karzaï et membre du directoire de la Banque centrale, dont il fut le gouverneur entre 2004 et 2007.
Cette arrestation avait été démentie quelques heures plus tard par le même Parquet, qui avait invoqué un "malentendu" lors d'une conférence de presse et démenti avoir subi des pressions.
Le porte-parole du Parquet y avait néanmoins indiqué que M. Delawari faisait l'objet d'une enquête, notamment pour des malversations à l'époque où il était, aux côtés de M. Qasimi, membre d'un comité chargé par M. Karzaï de remettre sur pied la compagnie Ariana.
M. Qasimi était le plus haut responsable arrêté pour malversations depuis la chute du régime des talibans fin 2001, en dépit des graves soupçons de corruption entourant le gouvernement du président Karzaï, sur lequel les alliés internationaux de Karzaï, qui le soutiennent militairement, font pression à ce sujet.
En novembre, le Parquet général avait annoncé l'ouverture d'enquêtes contre une vingtaine de responsables du gouvernement Karzaï soupçonnés de corruption mais cette annonce n'avait pas été suivie jusqu'ici d'arrestations notables.
La corruption est largement répandue en Afghanistan, pays extrêmement pauvre sur lequel la communauté internationale, Etats-Unis en tête, a déversé des milliards de dollars depuis fin 2001.
L'ONG Transparency International place l'Afghanistan en 2e position, juste derrière la Somalie, dans son classement des pays les plus corrompus au monde.


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