Le journal norvégien Aftenposten a révélé lundi, sur la foi d'une note diplomatique américaine, que le chef de l'Etat a "vraisemblablement" tenté d'éliminer, avec l'aide involontaire des Saoudiens, l'officier au cours des combats de l'hiver 2010 contre la rébellion dans le nord du Yémen.
"Au cours de ces combats, l'artillerie yéménite a à plusieurs reprises bombardé des positions commandées par le général Ahmar" sur le front de Malahiz, a affirmé à l'AFP mercredi ce militaire qui a requis l'anonymat.
"Il était clair que le président voulait se débarrasser du général Ahmar car il faisait obstacle à son projet de transmettre le pouvoir à son fils" Ahmed, commandant de la garde républicaine (unités d'élites), a-t-il ajouté.
Le militaire a confirmé l'information rapportée par Aftenposten, citant un télégramme de l'ambassade des Etats-Unis à Ryad, selon lequel des avions de chasse saoudiens utilisés pour bombarder la rébellion zaïdite (une branche du chiisme) ont été dirigés vers un bâtiment présenté comme un siège important des insurgés.
L'opération a avorté in extremis lorsque les pilotes saoudiens se sont rendus compte qu'ils s'apprêtaient à bombarder le quartier général d'Ali Mohsen al-Ahmar.
"Saleh a vraisemblablement essayé de se débarrasser d'un rival potentiel", conclut le journal norvégien, qui n'a pas pas publié de fac-similé de la note diplomatique sur son site internet.
Cette note, dont la date de rédaction n'a pas été précisée, rendait compte d'une rencontre "secrète", le 6 février 2010, entre des diplomates américains et le ministre saoudien adjoint de la Défense, Khaled Ben Sultan.
Commandant de la région nord-est et de la première division blindée, le général Ahmar a annoncé le 21 mars son ralliement à la contestation contre le président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.


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