Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Libye

Les rebelles bloqués aux contreforts de Syrte

L'avancée fulgurante des rebelles a été stoppée hier par les forces de Mouammar Kadhafi à quelques dizaines de kilomètres à l'est de sa ville natale, Syrte. Ils ont été bloqués toute la matinée à la sortie de Ben Jawad. Entre-temps, la coalition internationale poursuivait ses bombardements pour encore 48 heures, avant que l'OTAN ne prenne la direction effective des opérations.

Un rebelle libyen tirant à la mitrailleuse lourde lors des combats pour la prise de Syrte, hier. La ville est restée toutefois sous le contrôle des forces gouvernementales.Youssef Boudlal/Reuters

L'avancée des rebelles a été stoppée hier par les forces de Mouammar Kadhafi à quelques dizaines de kilomètres à l'est de sa ville natale, Syrte. Hier matin, les milices du régime patrouillaient dans la ville, toujours sous leur contrôle. Le calme règne, les rues sont désertes et les boutiques fermées. Il n'y avait aucun signe de la présence de rebelles. Syrte, de nouveau survolée hier par des avions de la coalition, a été secouée par une série d'explosions dimanche soir et hier matin. Des dizaines de familles avaient fui la ville dimanche. Les rebelles, qui ont renversé la tendance pendant le week-end, aidés par les frappes aériennes internationales, faisaient une fulgurante avancée vers l'Ouest. Mais hier, ils n'ont progressé que de quelques dizaines de kilomètres, bloqués toute la matinée à la sortie de Ben Jawad par les forces gouvernementales, avant de reprendre la route et d'être pris pour cible dans un village à une soixantaine de km à l'est de Syrte.
La coalition internationale a bombardé à l'aube la ville de Sebha, fief de la tribu des Kadhadfa dont fait partie le colonel Kadhafi, « faisant plusieurs victimes », a indiqué l'agence officielle libyenne JANA, sans fournir de bilan. Selon un témoin, la ville a été violemment bombardée et plusieurs habitants ont dû abandonner leurs maisons pour se réfugier ailleurs. Plusieurs sites militaires sont situés à Sebha, base arrière du régime, où se trouvent les tribus armées les plus fidèles, jusqu'ici, au colonel Kadhafi. Un porte-parole de l'armée britannique a confirmé qu'un avion britannique avait visé « des abris à munitions destinés à fournir les troupes gouvernementales menant des offensives contre les civils dans le nord du pays, dont Misrata ». De son côté, le régime libyen a annoncé avoir mis fin hier à son offensive contre Misrata. La « sécurité » y a été rétablie, a annoncé le ministère des Affaires étrangères, sans préciser clairement si la ville avait été reconquise par les forces loyalistes. La veille, la capitale Tripoli avait été la cible de raids aériens, et l'armée française a confirmé hier avoir ciblé un « centre de commandement » de l'armée libyenne « à 10 kilomètres au sud des faubourgs de Tripoli ».
Les frappes vont continuer sous l'égide de la coalition internationale pendant encore 48 heures avant que l'OTAN ne prenne la direction effective des opérations, a indiqué l'Alliance atlantique, dont les avions ont effectué leur première mission en Libye dimanche. L'OTAN, déjà chargée de faire appliquer l'embargo sur les armes et la zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye, a décidé de prendre le commandement de toutes les opérations militaires en Libye dans le cadre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU. Sur un autre plan, le chef du Conseil national de transition (CNT) libyen, Moustapha Abdeljalil, a déclaré que M. Kadhafi serait jugé en Libye « après la victoire » de l'insurrection, ajoutant avoir « un besoin urgent d'armes légères », dans une interview diffusée hier par la chaîne France 2. « Nous essaierons de construire un pays libre, démocratique, qui respecte les droits de l'homme et l'alternance politique », a-t-il assuré, estimant que le peuple libyen avait fait « un choix difficile, celui d'affronter un tyran ».
Sur le plan diplomatique, le Qatar, premier pays arabe à participer à l'intervention internationale, a reconnu le CNT, devenant ainsi le deuxième État après la France à lui apporter sa reconnaissance. Les dirigeants français Nicolas Sarkozy et britannique David Cameron ont eux aussi manifesté leur soutien politique à la rébellion, à la veille de la réunion à Londres du « groupe de contact » sur la Libye. « Kadhafi doit partir immédiatement », ont-ils estimé, appelant dans une déclaration conjointe le CNT à « instaurer un dialogue politique national » afin « d'organiser la transition ». La France et la Grande-Bretagne ont en outre appelé les partisans de M. Kadhafi à faire défection avant qu'il ne soit trop tard et à se joindre au processus de transition démocratique. À ce propos, le CNT a promis hier de pardonner aux partisans du colonel Kadhafi s'ils tournaient le dos au leader libyen. Le président Barack Obama devait défendre dans la nuit, dans un discours télévisé, sa décision de faire participer les États-Unis aux opérations militaires. Pour sa part, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a offert sa médiation entre le régime libyen et la rébellion afin d'éviter que le pays ne se transforme en un « nouvel Irak ou Afghanistan ». Ankara prévoit de se charger de la gestion de l'aéroport de Benghazi, aux mains des insurgés, pour faciliter le transport de l'aide humanitaire.
Une quarantaine de pays sont attendus aujourd'hui à Londres pour la première réunion du « groupe de contact » sur la Libye, chargé du « pilotage politique » des frappes et de la préparation de l'après-Kadhafi. La réunion, qui dure un jour, doit rassembler les ministres des Affaires étrangères des pays participant directement aux opérations militaires ainsi que « des amis de la coalition et peut-être le CNT ». La Russie ne participera pas à cette réunion, Moscou n'ayant pas été invitée puisqu'elle ne participe pas à la coalition internationale, a indiqué hier un responsable diplomatique russe. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a critiqué le soutien militaire apporté de fait, selon lui, par la coalition aux insurgés, y voyant une « ingérence » dans les affaires intérieures de la Libye.
(Source : agences)
L'avancée des rebelles a été stoppée hier par les forces de Mouammar Kadhafi à quelques dizaines de kilomètres à l'est de sa ville natale, Syrte. Hier matin, les milices du régime patrouillaient dans la ville, toujours sous leur contrôle. Le calme règne, les rues sont désertes et les boutiques fermées. Il n'y avait aucun signe de la présence de rebelles. Syrte, de nouveau survolée hier par des avions de la coalition, a été secouée par une série d'explosions dimanche soir et hier matin. Des dizaines de familles avaient fui la ville dimanche. Les rebelles, qui ont renversé la tendance pendant le week-end, aidés par les frappes aériennes internationales, faisaient une fulgurante avancée vers l'Ouest. Mais hier, ils n'ont progressé que de quelques dizaines de kilomètres, bloqués toute la matinée à la sortie de Ben...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut