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Santé

Être femme et se regarder après un cancer du sein

Françoise Cerexhe : « En 2003, la Belgique a mis en place des structures obligatoires dans certains hôpitaux destinées à accompagner et entourer les femmes atteintes d’un cancer du sein. » Photo Michel Sayegh

Le cancer du sein est toujours accompagné d'un changement de regard sur soi. Au-delà de la souffrance physique et morale engendrée par la maladie, c'est en fait toute l'image féminine qui est touchée et remise en cause. Après avoir vaincu le cancer, la patiente pourra-t-elle se regarder de nouveau comme femme à part entière ? « Oui », affirme sans hésiter Françoise Cerexhe, professeur à l'Université catholique de Louvain, en présentant dans ce cadre l'expérience pionnière de la Belgique, qui « en 2003 par arrêté royal a développé des cliniques du sein ». « Il s'agit de structures obligatoires dans certains hôpitaux destinées à accompagner et entourer les femmes atteintes d'un cancer du sein », explique-t-elle à L'Orient-Le Jour, dans une interview accordée en marge des travaux du colloque « Santé des femmes et oncologie », organisé par l'Université antonine.
« Ces Cliniques impliquent une réunion interdisciplinaire hebdomadaire des médecins spécialistes (gynécologues, oncologues médicaux, radiothérapeutes) qui consultent ensemble, ajoute Mme Cerexhe. Au préalable, chaque cas est analysé et discuté lors d'une réunion hebdomadaire du groupe de concertation multidisciplinaire (radiologue, anatomopathologiste, chirurgien et spécialistes). La psychologue peut également prendre part à cette réunion interdisciplinaire. »
Les infirmiers de terrain ont un rôle primordial à jouer dans ces Cliniques du sein. « Leur rôle et responsabilité sont évidents et indispensables dans la détection journalière des besoins de la femme atteinte, insiste Mme Cerexhe. Cependant, vu les contingences et la lourdeur du travail quotidien, certains professionnels peuvent venir compléter leurs compétences, comme l'infirmière de référence spécialisée en oncologie ou la coordinatrice en soins oncologiques. Dès lors, cet itinéraire clinique qu'est la Clinique du sein permet une approche et une appréhension globale de la prise en charge de la malade et de ses parents. Elle permet également de partager entre professionnels, progrès, questions et difficultés. Cela a une influence sur la qualité de vie des malades et des soignants. Des subsides financiers sont alloués à ces missions, en parallèle avec les agréations de services et titres. »
Et Mme Cerexhe d'ajouter : « L'infirmière de référence ou la coordinatrice en soins oncologiques sera auprès de la femme dès l'annonce du diagnostic et tout au long de son parcours médical et émotionnel. Elle constitue le lien entre la patiente, son entourage et les professionnels qui la soignent. »
En plus des Cliniques du sein, la Belgique a mis en place un Plan cancer. « Dans le cadre de ce plan, nous formons des prothésistes, des perruquiers, des coiffeurs, des esthéticiens... note Mme Cerexhe. Ce Plan cancer implique une formation ouverte aux universitaires, médecins, infirmiers, mais aussi prêtres, étudiants, etc. Des budgets ministériels ont été alloués à cet effet. »

N. M.
Le cancer du sein est toujours accompagné d'un changement de regard sur soi. Au-delà de la souffrance physique et morale engendrée par la maladie, c'est en fait toute l'image féminine qui est touchée et remise en cause. Après avoir vaincu le cancer, la patiente pourra-t-elle se regarder de nouveau comme femme à part entière ? « Oui », affirme sans hésiter Françoise Cerexhe, professeur à l'Université catholique de Louvain, en présentant dans ce cadre l'expérience pionnière de la Belgique, qui « en 2003 par arrêté royal a développé des cliniques du sein ». « Il s'agit de structures obligatoires dans certains hôpitaux destinées à accompagner et entourer les femmes atteintes d'un cancer du sein », explique-t-elle à L'Orient-Le Jour, dans une interview accordée en marge des travaux du colloque « Santé...
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