Le témoignage d’une femme violée embarrasse le régime
OLJ /
le 28 mars 2011 à 00h35
Elle fait irruption à l'hôtel Rixos à Tripoli en appelant les journalistes à l'aide. Dans le restaurant, à l'heure du petit déjeuner, elle ouvre son manteau et montre des ecchymoses et des cicatrices sur ses cuisses, affirmant avoir été torturée et violée par des hommes du régime. Les journalistes brandissent leurs caméras, appareils photo et bloc-notes pour prendre ce témoignage inédit. Mais l'intervention des agents de sécurité, omniprésents à l'hôtel, est brutale : des journalistes malmenés, une caméra d'une chaîne occidentale endommagée et des téléphones portables arrachés. Les larmes aux yeux, la jeune femme, se présentant comme Iman al-Obeidi, dit avoir été torturée et violée à « plusieurs reprises durant deux jours ». Elle affirme avoir été arrêtée parce qu'elle est originaire de Benghazi. Les agents de sécurité l'embarquent de force. Un membre des services de sécurité affirme qu'elle sera hospitalisée. « C'est une folle », dit-il. « Elle est ivre. Vous n'avez pas senti l'odeur d'alcool ? » lance un autre. La tension est palpable peu après au cours d'une conférence de presse. Le vice-ministre des Affaires étrangères est venu dénoncer le « soutien » des forces de la coalition internationale aux rebelles. Mais les journalistes n'ont qu'un seul souci : quel sort sera réservé à la jeune femme ? Esquivant les questions sur ce « cas », il affirme qu'il n'a pas d'assez éléments sur « l'incident » et assure que la femme va être « traitée conformément à la loi ». « D'après les premiers éléments de l'enquête, la femme était ivre », insiste peu après un porte-parole du régime, Moussa Ibrahim. « Elle a été emmenée dans un hôpital pour qu'on puisse s'assurer de ses capacités mentales », ajoute-t-il sous le regard stupéfait des journalistes. Devant l'écho médiatique de cette histoire, M. Ibrahim change de discours dans la soirée et reconnaît « un acte criminel ». « Elle a été interrogée au bureau d'investigation criminelle où elle a déposé plainte contre quatre ou cinq personnes », explique-t-il, affirmant que les autorités lui avaient offert une assistance juridique. « Elle va bien et elle est en sécurité », assure-t-il. (Source : AFP)
Elle fait irruption à l'hôtel Rixos à Tripoli en appelant les journalistes à l'aide. Dans le restaurant, à l'heure du petit déjeuner, elle ouvre son manteau et montre des ecchymoses et des cicatrices sur ses cuisses, affirmant avoir été torturée et violée par des hommes du régime. Les journalistes brandissent leurs caméras, appareils photo et bloc-notes pour prendre ce témoignage inédit. Mais l'intervention des agents de sécurité, omniprésents à l'hôtel, est brutale : des journalistes malmenés, une caméra d'une chaîne occidentale endommagée et des téléphones portables arrachés. Les larmes aux yeux, la jeune femme, se présentant comme Iman al-Obeidi, dit avoir été torturée et violée à « plusieurs reprises durant deux jours ». Elle affirme avoir été arrêtée parce qu'elle est originaire de Benghazi....
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