La Chine a déjà a plusieurs reprises critiqué ces frappes, qu'elle a toutefois autorisées à sa manière en ne bloquant pas à l'ONU le vote de la résolution comme son statut de membre permanent du Conseil de sécurité lui en donnait le pouvoir, mais en s'abstenant.
Les frappes lancées au cours du week-end dernier en Libye relèvent "d'abord de la décision politique d'une poignée de puissances occidentales et leur premier message est que les puissances occidentales sont le juge et le bourreau du monde", écrivait le Global Times.
"L'Occident a dominé le monde pendant des siècles et sa stratégie essentielle est de se raccrocher à cette domination", poursuit le journal nationaliste dans un éditorial.
"Aucun pays n'a le droit de disposer à volonté d'un autre pays, même si la situation de ce pays est épouvantable", assure-t-il. "L'intervention excessive" de l'Occident en Libye "doit être condamnée".
"Pour l'essentiel, l'intervention politique et militaire occidentale au Moyen-Orient est liée au pétrole et à (la) position stratégique" de la région, estime de son côté le Quotidien du Peuple, organe du Parti communiste chinois.
"L'Irak a été attaqué à cause du pétrole et la Libye est également attaquée à cause du pétrole", poursuit le quotidien dans son édition d'outremer, accusant les Occidentaux de s'assurer par la force du contrôle des ressources stratégiques mondiales.
L'édition nationale du Quotidien du peuple s'en prend en particulier au président français Nicolas Sarkozy, dont le pays a été en pointe dans la décision des frappes, parce que "cette année, en tant que président du G8 et du G20, la France veut jouer un rôle dans les affaires internationales".
Enfin, poursuit le journal, le premier tour des élections cantonales en France dimanche dernier "a été un signal d'alarme pour le parti" présidentiel UMP. "Si la France peut conduire la guerre en Libye d'une manière favorable, alors le parti pourra regagner la confiance du peuple, ce qui sera crucial pour l'élection (présidentielle) l'an prochain".
M. Sarkozy aura l'occasion d'entendre la position de la Chine où il est attendu en fin de semaine prochaine pour des entretiens avec son homologue Hu Jintao, avant un séminaire du G20 à Nankin (est).
Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères avait déploré mardi les frappes, évoquant les risques de voir le bilan des victimes civiles s'alourdir, et avait appelé à un cessez-le-feu.
La non-intervention dans les affaires intérieures d'un pays est l'un des grands axes de la politique extérieure de la Chine, elle-même en butte aux critiques occidentales pour ses violations des droits de l'homme.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine