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Moyen Orient et Monde

La contestation s’étend dans le Sud syrien

Troubles Pour la quatrième journée consécutive, Deraa a été le théâtre de manifestations pour la liberté. Un mouvement de révolte qui s'est propagé aux villes de Enkhel, Nawa et Jassem, également dans le sud de la Syrie. L'on apprenait aussi hier le décès d'un enfant de onze ans qui avait été intoxiqué par des gaz lacrymogènes dimanche à Deraa.
OLJ
22/03/2011
À Deraa, la situation était toujours tendue hier, et ce pour la quatrième journée consécutive. Des milliers de personnes ont défilé pour la liberté, après les funérailles d'un jeune tué la veille par les forces de l'ordre. Les manifestants ont marché du cimetière vers la mosquée Omari où des centaines d'entre eux ont observé un sit-in en scandant « liberté, liberté », « révolution, révolution, du Hauran (plateau sur lequel se trouve Deraa, NDLR) à la Jézira », région du nord-est de la Syrie. « Nous allons poursuivre le sit-in jusqu'à ce que toutes nos demandes pour la liberté soient satisfaites », a indiqué un militant à l'AFP.
Un militant des droits de l'homme a par ailleurs affirmé qu'un enfant de onze ans qui avait été intoxiqué par des gaz lacrymogènes dimanche, lors de la dispersion d'une manifestation par les services de sécurité, a succombé hier. Le garçon, Mounzer Moumen al-Masalmah, a été enterré rapidement « sur ordre des services de sécurité », a-t-il indiqué. « Plus de 800 personnes sont portées disparues à Deraa » depuis le déclenchement des manifestations vendredi, selon la même source.
À l'entrée de l'agglomération, des soldats ont établi des barrages et procédaient à des contrôles d'identité. Des centaines de membres des forces de sécurité, vêtus de noir et armés de fusils d'assaut AK-47, étaient également déployés à l'intérieur de la ville. « Les forces de sécurité ont tenté d'empêcher une participation massive aux obsèques, mais des milliers de personnes se sont rassemblées malgré tout », a indiqué un témoin.
Le ministre de la Justice, Mohammad Ahmad Younis, s'est rendu sur place pour tenter de calmer les esprits et ouvrir un dialogue avec les manifestants. La veille, des centaines de manifestants avaient mis le feu au Palais de justice ainsi qu'à d'autres bâtiments et à des voitures à Deraa, après des heurts avec les forces de l'ordre qui ont fait deux morts et 100 blessés. Une délégation gouvernementale, composée du vice-ministre des Affaires étrangères Fayçal Meqdad et du ministre de l'Administration locale Tamer al-Hijé, s'était aussi rendue à Deraa pour présenter ses condoléances aux familles de deux autres manifestants tués vendredi.
Les manifestations se sont étendues au-delà de Deraa hier à trois nouvelles villes du sud de la Syrie, sur le plateau du Hauran. À Enkhel, des manifestants ont pris d'assaut une station de police, alors qu'à Jassem, 2 000 personnes ont manifesté pour dénoncer le gouvernement et la corruption, selon une correspondante de l'AFP. « Dieu, Syrie, liberté », scandaient les manifestants dans les rues de Jassem, une localité agricole à 30 km à l'ouest de Deraa, en soulignant le caractère pacifique de leur mouvement. Même scène à Nawa, à 35 km de Deraa, où des dizaines de manifestants ont défilé en soirée en scandant des slogans contre la corruption.
Des informations non vérifiées faisaient également état de manifestations près de la mosquée Dalati, dans la ville de Homs (Ouest).
Le mouvement de protestation a été lancé le 15 mars à Damas après un appel via une page Facebook intitulée « La révolution syrienne contre Bachar el-Assad 2011 » à manifester pour « une Syrie sans tyrannie, sans loi d'urgence ni tribunaux d'exception, sans corruption ni monopole des richesses ». Les manifestants réclament plus de liberté et de démocratie dans ce pays où les inégalités se sont accentuées, la pauvreté touchant 14 % des 22 millions de Syriens.
« Toutes les raisons pour un changement existent » en Syrie, soulignaient hier certains analystes. « C'est un État semi-totalitaire. La corruption est partout », indiquait Hazem Saghieh, chroniqueur au quotidien al-Hayat. Mais selon lui, la situation en Syrie pourrait difficilement prendre la même tournure qu'en Tunisie ou en Égypte, où les présidents Zine Ben Ali et Hosni Moubarak se sont résignés à quitter le pouvoir sous la pression de la rue. « Je ne pense pas que le régime baassiste de Syrie partira en douceur », estime-t-il.
Human Rights Watch a dénoncé « l'usage excessif de la force » qui a fait « au moins 5 morts » depuis vendredi en Syrie, tout comme la France qui a demandé la libération de toutes les personnes détenues pour avoir participé à la contestation. La Maison-Blanche a également « condamné » les violences et prévenu que leurs auteurs devront « rendre des comptes ».
(Source : agences)

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