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Yémen: la France juge le départ du président Saleh "incontournable"

La France est devenue lundi le premier pays occidental important à réclamer ouvertement le départ du président yéménite Ali Abdallah Saleh, contesté par la rue et par des chefs de son armée.
"Il semble aujourd'hui que le départ du président Saleh est incontournable", a affirmé le chef de la diplomatie française Alain Juppé à l'issue d'une réunion avec ses homologues européens à Bruxelles.
"Il faut aujourd'hui aider ceux qui veulent faire avancer les droits de l'homme, construire la démocratie. Ceci est valable pour tous les pays. Nous le disons au Yémen où la situation est en train de se dégrader", a dit M. Juppé au cours d'un point de presse.
"Il faut que le pouvoir en place en tienne compte", a-t-il insisté.
Le ministre français des Affaires étrangères a indiqué que Paris apportait son soutien "à tous ceux qui se battent pour la démocratie" sans violences et a dénoncé les "régimes usés par la corruption, la pratique dictatoriale, la longévité excessive du pouvoir".
Les déclarations de M. Juppé interviennent alors que des dizaines d'officiers yéménites ont annoncé leur ralliement en masse à la contestation contre le président Saleh, qui dure depuis le 27 janvier.
En outre, le principal chef tribal, cheikh Sadek al-Ahmar, a demandé au président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, de se retirer, joignant sa voix à celles de dignitaires traditionnels et religieux, dont le rôle est déterminant dans ce pays pauvre de 24 millions d'habitants.
Par ailleurs, plusieurs ambassadeurs du Yémen en Europe ont écrit lundi au président Saleh pour lui demander de démissionner, a annoncé à l'AFP l'ambassadeur du Yémen en France, Khaled al-Akwaa.
Les ambassadeurs en poste à Paris, Bruxelles, Genève, Berlin et Londres, ainsi que le consul à Francfort "ont envoyé un message au président Saleh lui demandant qu'il réponde aux exigences du peuple et démissionne afin d'éviter les effusions de sang", a déclaré Khaled al-Akwaa.
Les défections de responsables du régime se sont accélérées au Yémen depuis la mort vendredi de 52 manifestants à Sanaa par des tirs attribués à des partisans de M. Saleh.
Cependant, à Sanaa, le président yéménite a affirmé que la "majorité du peuple" le soutient en dépit de défections en cascade d'officiers de l'armée et de cadres de l'Etat, a rapporté l'agence de presse officielle Saba.
"Nous résistons (...) la grande majorité du peuple yéménite est avec la sécurité, la stabilité et la légalité constitutionnelle. Et ceux qui appellent au chaos, à la violence, à la haine et au sabotage ne sont qu'une infime minorité", a déclaré le président devant une délégation de notables de Sanaa.
M. Juppé a affirmé qu'au Bahreïn également "il faut que le dialogue l'emporte sur la répression".
Mais il s'est gardé de réclamer le départ de la dynastie des Al-Khalifa, contestée par une opposition dominée par des chiites, qui forment la majorité de la population autochtone.
Les Saoudiens ont dépêché un millier d'hommes de troupe la semaine dernière en signe de soutien à la lignée des Al-Khalifa et la police est ensuite intervenue brutalement pour chasser du centre de Manama des protestataires qui y campaient depuis des semaines.
Bahreïn abrite notamment le commandement de la Ve flotte américaine, chargée de la protection des routes pétrolières du Golfe.
La France est devenue lundi le premier pays occidental important à réclamer ouvertement le départ du président yéménite Ali Abdallah Saleh, contesté par la rue et par des chefs de son armée."Il semble aujourd'hui que le départ du président Saleh est incontournable", a affirmé le chef de la diplomatie française Alain Juppé à l'issue d'une réunion avec ses homologues européens à Bruxelles."Il faut aujourd'hui aider ceux qui veulent faire avancer les droits de l'homme, construire la démocratie. Ceci est valable pour tous les pays. Nous le disons au Yémen où la situation est en train de se dégrader", a dit M. Juppé au cours d'un point de presse."Il faut que le pouvoir en place en tienne compte", a-t-il insisté.Le ministre français des Affaires étrangères a indiqué que Paris apportait son soutien "à tous...