Des informations confirment "le recours systématique des forces de sécurité bahreïnies à une force excessive dans le cadre des opérations de répression visant les manifestants", dit Amnesty dans son rapport intitulé "Maculés de sang, mais toujours résolus, les manifestants bahreïnis victimes de violences injustifiées de la part de l’Etat".
L’organisation, qui a réalisé une enquête sur le terrain du 20 au 26 février, décrit la manière dont en février "les forces de sécurité ont utilisé sans sommation des balles réelles et une force extrême contre les manifestants, puis gêné et agressé les équipes médicales essayant d’aider les blessés".
Hani Mowafi, médecin américain membre d’Amnesty, a conclu, au vu des nombreuses lésions graves voire mortelles qu’il a constatées en février, que les forces de sécurité avaient cherché "semble-t-il à atteindre les manifestants à la tête, à la poitrine et au ventre".
"Les pires violences avant ces derniers jours ont eu lieu le matin du 17 février" pendant l'assaut contre les manifestants sur la place de la Perle à Manama.
"Des témoins ont expliqué à Amnesty International que des chars bloquaient l’accès au rond-point de la Perle, tandis que des policiers utilisaient des munitions réelles et des fusils, ainsi que du gaz lacrymogène, des matraques et des balles en caoutchouc".
Amnesty souligne que "parmi les blessés figuraient personnes clairement identifiables comme étant des professionnels de la santé, pris pour cibles par des policiers".
Ces scènes "se sont répétées le 16 mars" quand les forces de sécurité ont lancé un nouvel assaut contre les manifestants chiites, faisant cinq morts.
"Il est alarmant de constater que les autorités bahreïnies recourent une nouvelle fois aux tactiques qu’elles avaient employées contre les manifestants en février, mais en leur donnant encore plus d’ampleur, déclare Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty, dans un communiqué.
L'organisation demande aux gouvernements fournissant des armes à Bahreïn de "suspendre immédiatement les transferts d’armes, de munitions et d’équipements connexes susceptibles d’être utilisés pour commettre de nouvelles violations des droits humains".


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