Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a joint sa voix à celle de Mme Pillay, demandant aux autorités bahreïnies de garantir au personnel médical "un accès sans entrave aux blessés".
"Nous sommes très préoccupés par l'escalade de la violence, qui a conduit à plus de morts et de blessés ces derniers jours", a déclaré Gérard Peytrignet, chef de la délégation régionale du CICR pour les pays du Golfe.
"Les blessés, le personnel médical, les véhicules et les installations, doivent être respectées par tous. Les forces de sécurité doivent appliquer les normes internationales en ce qui concerne l'utilisation de la force dans le cadre de leurs efforts pour restaurer la loi et l'ordre", a-t-il ajouté.
De son côté, Mme Pillay s'est dite "profondément alarmée par l'escalade de la violence commise par les forces de sécurité au Bahreïn, en particulier par la prise d'assaut signalée d'hôpitaux et de centres médicaux".
L'ancienne juge de la Cour pénale internationale (CPI) a jugé ces actions "choquantes" et en "violation flagrante du droit international".
A Bahreïn, la répression de la contestation s'est accélérée jeudi, après l'intervention en début de semaine de troupes de pays du Golfe, l'instauration de l'état d'urgence et l'assaut des forces de l'ordre bahreïnies contre des manifestants chiites mercredi dans le centre de Manama.
Des défenseurs des droits de l'homme ont accusé les forces de sécurité d'empêcher les blessés d'accéder aux hôpitaux et de frapper les médecins qui tentent de leur venir en aide dans les rues.
La police a encerclé le principal hôpital de Manama, capitale du Bahreïn.
"Mon bureau a reçu des appels désespérés et des courriels de nombreuses personnes au Bahreïn, terrifiées par les intentions des forces armées", a déclaré Mme Pillay, évoquant des "arrestations arbitraires, des assassinats, des passages à tabac de manifestants et de personnel médical".
"C'est choquant et illégal. La police et les forces armées doivent immédiatement abandonner les centres de santé et cesser d'intimider et harceler les professionnels de la santé", a-t-elle averti.
Elle a également dénoncé les coupures d'électricité à l'hôpital principal de Manama, soulignant que certains patients gravement blessés pourraient mourir si le courant n'était pas rapidement rétabli.
"Je demande instamment au gouvernement de ne pas utiliser la force contre des manifestants non armés, de fournir un traitement médical aux blessés, de désarmer les groupes d'autodéfense, y compris les responsables de la sécurité habillés en civil", a dit Mme Pillay.
"En tant que (Etat) partie du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, Bahreïn doit rester conscient de ses obligations -- l'état d'urgence ne justifie pas la privation arbitraire des droits de l'homme", a relevé la Sud-Africaine.
La haute responsable onusienne a par ailleurs exhorté les manifestants et le gouvernement à engager un "dialogue immédiat portant sur des réformes significatives et la fin de la violence".
Six personnalités de l'opposition -- cinq figures chiites et un opposant de gauche sunnite -- ont été arrêtées dans la nuit de mercredi à jeudi.
Les appels à un dialogue politique lancés notamment par les Etats-Unis, allié proche de Bahreïn, sont pour l'instant restés lettre morte, la dynastie sunnite dirigeant ce pays majoritairement chiite refusant toute négociation.


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