L'assaut est intervenu après la proclamation de l'état d'urgence par le roi Hamad Ben Issa Al-Khalifa, fort de l'appui des monarchies voisines du Golfe qui ont envoyé des forces pour l'aider à contenir la contestation populaire.
Des centaines de policiers de la force anti-émeutes, arrivés à bord de tanks, de véhicules de transport de troupes et de bus, ont pris le contrôle de la place de La Perle après avoir lancé des dizaines de grenades lacrymogènes sur les manifestants.
Les policiers ont également tiré au fusil de chasse sur les protestataires.
"Deux manifestants au moins ont été tués et un grand nombre blessés", a déclaré à l'AFP un député de l'opposition.
"La situation est catastrophique. Les forces ont tiré à balles réelles", a ajouté Khalil Marzouk, député du puissant mouvement chiite al-Wefaq.
Alors que des hélicoptères tournoyaient, la police anti-émeutes a pris position sur la place, déchirant les tentes qui restaient, tandis que les manifestants fuyaient par les rues latérales.
Plusieurs tentes ont pris feu alors qu'une épaisse fumée s'élevait au-dessus du secteur.
Les protestataires occupaient cette place depuis le 19 février pour exiger des réformes politiques, voire, pour certains, le départ de la dynastie sunnite gouvernant ce pays dont la population autochtone est en majorité chiite.
Les dignitaires chiites bahreïnis avaient appelé dans la nuit la communauté internationale et le monde musulman à intervenir pour éviter un "massacre".
Des centaines de contestataires avaient passé la nuit sur la place sous des tentes dans une atmosphère tendue, assombrie par la mort mardi soir d'un manifestant lors d'affrontements avec les forces de sécurité dans des villages chiites au sud de Manama, qui leur faisait craindre un assaut imminent.
Le manifestant avait été tué dans le village chiite de Sitra. Plus de 200 personnes avaient également été blessées par balle, selon une source médicale locale, et 200 autres hospitalisées après avoir inhalé des gaz lacrymogènes.
Après avoir pris le contrôle de la place de La Perle, les forces de sécurité ont commencé à prendre position dans le district financier de Manama et à rouvrir les issues bloquées par les manifestants, selon des témoins.
Des coups de feu étaient entendus alors qu'une poignée de protestataires qui se trouvaient dans le secteur offraient une faible résistance.
Le chef de l'opposition chiite, cheikh Ali Salmane, a affirmé que le régime se conduisait comme le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, en faisant montre d'une "extrême brutalité" à l'égard de son peuple.
Il a appelé les Nations unies à "intervenir pour protéger les civils des forces qui agissent avec eux comme avec des ennemis", dans une interview à la chaîne Al-Jazira.
Les autorités bahreïnies ont également annoncé la fermeture de la Bourse, des écoles et des universités dans le pays où le roi a proclamé l'état d'urgence.
Il avait chargé le commandant des forces armées de rétablir l'ordre en faisant appel à l'armée, aux forces de police, aux unités de la Garde nationale et à "toute autre force, si cela s'avère nécessaire".
Cette dernière mention semblait faire référence aux unités saoudiennes et aux policiers des Emirats arabes unis déployés à Dubaï.
Les troupes du Golfe appartiennent au "Bouclier de la péninsule", une force commune aux pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG : Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Oman, Qatar et Koweït).


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine