La question gouvernementale, il est clair, pose toujours problème, même si certaines sources proches du Premier ministre désigné, Nagib Mikati, assurent que les difficultés qui empêchaient jusqu'ici la formation du cabinet sont en voie de règlement et que M. Mikati présentera son équipe avant la fin du mois.
Ces propos sont, il est vrai, corroborés par des sources du 8 Mars qui affirment que la Syrie souhaite désormais voir un gouvernement mis en place au Liban le plus vite possible. À ce sujet, s'exprimant hier lors d'une conférence de presse avec son homologue espagnole, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, s'est dit confiant dans « la capacité de la majorité parlementaire au Liban » de former un cabinet.
Il reste que d'autres informations sont nettement moins optimistes et vont plutôt dans le sens d'une perpétuation de l'immobilisme. Les propos tenus hier au sujet du gouvernement par le chef du CPL, le général Michel Aoun, ne laissent, en effet, aucun doute sur ses intentions de ne rien céder ou très peu de choses sur la question de l'appétit gouvernemental de son bloc. M. Mikati peut bien annoncer la mouture qu'il veut, le général la rejettera si « les règles ne sont pas respectées », c'est-à-dire, en un mot, ses exigences.
Une fois n'est pas coutume, c'est le journal koweïtien al-Qabas qui résumait hier en quelque sorte la situation. Citant des « sources » visiblement centristes, le journal souligne que la période qui s'ouvre au Liban s'inscrit sous le signe de la « guerre des nerfs » et que rien ne dérangerait le 14 Mars autant que des réponses « calmes » et « méditatives » à ses slogans virulents. Or, justement, ajoute-t-on de mêmes sources, c'est là qu'il faut craindre l'effet des réactions du général Aoun.
De fait, la prévision de ces sources s'est révélée exacte dans la mesure où le premier commentaire, hier soir, du général sur le rassemblement de dimanche, loin d'être « calme » ou « méditatif », est plutôt de nature à déchaîner davantage encore la verve polémique du camp adverse : « Le projet du dimanche 13 mars est appelé à disparaître » ; « Si on touche à la résistance, il y aura un nouveau 7 mai », ou bien encore : « Oui, Rafic Hariri est le défunt de sa famille et non un martyr, puisqu'on ne sait pas jusqu'ici le mobile de son assassinat »...


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