Sur un important axe, à l’entrée de Williamsville, des barrages de fortune ont été mis en place. Issouf Sanogo/AFP
Des combats entre les partisans de Gabgbo et ceux d'Alassane Ouattara, ancien Premier ministre considéré par la communauté internationale comme le vainqueur de la présidentielle du 28 novembre, font rage depuis trois semaines dans le quartier pro-Ouattara d'Abobo, plus au nord, puis se sont déplacés cette semaine plus près du centre-ville. Des affrontements ont également éclaté dans l'ouest du pays, de part et d'autre de la ligne de démarcation établie depuis la fin de la guerre civile en 2003.
Patrick Achi, un porte-parole du gouvernement formé par Alassane Ouattara, a fait savoir lundi que ni les insurgés partis à l'assaut de plusieurs quartiers d'Abidjan ni les rebelles du nord du pays ne relevaient de son autorité. M. Achi a ajouté qu'il y avait apparemment beaucoup de transfuges de l'armée dans leurs rangs.
De son côté, le chef d'état-major de l'armée fidèle à Gbagbo, le général Philippe Mangou, a déclaré au journal pro-Gbagbo Notre Voie que ses troupes étaient prêtes si nécessaire à la guerre. « Si on nous pousse à la guerre, nous la ferons », a-t-il affirmé.
Lundi, des combattants pro-Ouattara ont avancé jusqu'au quartier d'Adjamé, près du centre d'affaires, où les combats ont fait un mort. Ils ont aussi lancé deux attaques simultanées à Yopougon, un bastion de Gbagbo. « C'était la guerre totale, avec des grenades et des tirs d'artillerie un peu partout », a déclaré un habitant dont le magasin a été détruit par les combats. De la fumée s'échappait encore hier de plusieurs bâtiments de Williamsville, qui fait partie d'Adjamé. Le cadavre d'un civil gisait sur la route conduisant à ce quartier.
Réunis hier à Paris, les ministres des Affaires étrangères du G8 ont apporté leur soutien à Ouattara et menacé Gbagbo de nouvelles sanctions s'il refusait de quitter le pouvoir.
Dimanche, Pascal Affi N'Guessan, un proche de Laurent Gbagbo, a rejeté une proposition avancée vendredi à Addis-Abeba par un groupe de chefs d'État mandatés par l'Union africaine (UA) et consistant à former un gouvernement d'union nationale dirigé par Ouattara. Laurent Gbagbo avait décliné l'invitation à se rendre dans la capitale éthiopienne pour défendre son dossier. Prenant acte de l'échec de la médiation tentée par les chefs d'État, l'UA a finalement exigé qu'Alassane Ouattara soit installé dans ses fonctions de chef de l'État ivoirien.
Laurent Gbagbo, au pouvoir depuis 2000, refuse de céder son fauteuil présidentiel au motif que sa victoire au second tour de l'élection présidentielle a été validée par un Conseil constitutionnel qui lui était acquis. Les Nations unies ont en revanche certifié la victoire de son rival, reconnue également par l'UA et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ainsi que par les grandes puissances occidentales comme les États-Unis et la France, l'ancienne puissance coloniale.
(Source : Reuters)


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