Plus alarmiste, le quotidien syrien al-Watan a annoncé que la prochaine période « sera extrêmement dangereuse, avec notamment l'exacerbation des divisions de la part du 14 Mars autour des dossiers nationaux, ce qui suppose l'accélération de la formation du gouvernement et le resserrement des rangs pour faire face aux projets de discorde et de clivage vers lesquels risque de se diriger le pays ». L'article accuse frontalement les forces du 14 Mars, qualifiées de forces de « refus », de parrainer de tels projets en brandissant le slogan du « rejet des armes qui ont libéré le Liban de l'occupation israélienne ». Citant un pôle au sein des forces de la nouvelle majorité, le quotidien relève « deux facteurs importants qui contribueront à accélérer la mise en place du gouvernement ».
Le premier cite le fait que le Premier ministre désigné et les forces politiques alliées étaient préoccupés par la formation d'un gouvernement « avant la tenue de la commémoration du 14 Mars qui a eu lieu dimanche, et cherchaient à éviter le fiel des intervenants qui se sont succédé à la tribune qui auraient envenimé le climat en leur faveur et tenté de l'exploiter dans le cadre de leur campagne vigoureuse contre le 8 Mars et contre les armes du Hezbollah en particulier ». Le second facteur, poursuit al-Watan, est le fait que la confirmation de l'acte d'accusation qui a été remis au juge de la mise en état du Tribunal spécial pour le Liban, Daniel Fransen, et les amendements qui ont suivi nécessiteraient des semaines, voire des mois supplémentaires, étant donné le volume et la complexité du dossier sans parler de la rigueur avec laquelle le juge Fransen examine l'affaire, ajoute l'article. Le quotidien en conclut que la naissance du gouvernement est imminente, précisant que la semaine à venir sera décisive sur ce plan et qu'« il n'est pas impossible que la nouvelle formule soit élaborée d'ici à une dizaine de jours tout au plus ». Cela est d'autant plus vrai que la nouvelle majorité est désormais convaincue, ainsi que le Premier ministre désigné, qu'il est temps de trancher une fois pour toutes le dossier du gouvernement « afin de commencer à se préparer pour contrer le projet envisagé par les forces du 14 Mars dans le cadre de la campagne acharnée qu'elles mènent contre la nouvelle majorité ».
Pour sa part, le quotidien émirati al-Khaleej s'est demandé si la nouvelle majorité réussira à s'entendre avec, d'une part, le chef de l'État, et, d'autre part, avec le Premier ministre désigné sur l'échéance à venir que constituent la formation du gouvernement et la nécessité de recueillir la confiance du Parlement.

