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Moyen Orient et Monde - Reportage

Les sinistrés de Sendai ont tout perdu, sauf leur calme

Ils ont perdu leur maison et parfois leurs proches, mais les rescapés du séisme gardent le sens de la discipline dans l'attente des vivres et de l'eau qui font cruellement défaut.

À Sendai, les habitants font la queue devant un supermarché qui a rouvert ses portes hier. Jiji Press/AFP

Un jerrican ou un seau à la main, une dizaine d'habitants de Sendai patientent en ligne pour quelques litres d'essence. Pas un mot plus haut que l'autre. L'atmosphère est étrangement zen, ordonnée, dans ce quartier de la grande ville du Nord-Est partiellement dévastée par le tsunami qui a suivi le tremblement de terre.
Les vagues géantes ont dévasté les alentours, plus proches de la mer. Le toit d'une maison repose dans la boue. Un peu plus loin, cinq voitures sont encastrées les unes dans les autres. Incongrus, un réfrigérateur et un divan trônent au milieu de la montagne de débris.
Dans ce quartier, « certaines personnes ont perdu toute leur famille, elles n'ont plus rien », témoigne Miki Otomo, une professeur d'anglais de Sendai. Sa maison détruite, Miki vit depuis trois jours avec un millier de rescapés dans son école, qui avait été désignée comme centre d'accueil par la municipalité avant la catastrophe. La première nuit, ils n'avaient que quelques biscuits à se partager, raconte-t-elle.
Depuis, le sens de l'organisation et de la solidarité typiques de la société japonaise a permis d'améliorer le quotidien, même si l'approvisionnement en eau potable et en électricité a été coupé. Une pompe à eau et des toilettes portables ont été installées sur le parking par des volontaires.
Dans le gymnase, une centaine de personnes dorment sur des futons avec des couvertures données par des particuliers pour lutter contre la fraîcheur de la nuit.
Dans un supermarché qui a rouvert hier, une distribution équitable est organisée par les employés : deux pamplemousses, deux oranges, du chocolat, cinq paquets de snack et deux boîtes de thon par client.
« La situation reste très difficile. Mais nous faisons le maximum pour aider les victimes », déclare le maire de Sendai, Emiko Okuyama. L'aide aux rescapés est désormais sa priorité car « l'espoir de retrouver des survivants s'est quasiment évanoui », selon lui.
L'un des rescapés de Sendai, Yoichi Aizawa, 84 ans, est brièvement retourné hier dans sa maison pour récupérer quelques biens, sans savoir s'il pourra y habiter de nouveau. « Lorsque la terre a tremblé, la maison n'a pas été endommagée. Mais les vagues sont arrivées... C'était effrayant. »
Dans un centre d'accueil de la ville voisine de Natori, sept étudiantes étrangères ont été surprises par la catastrophe alors qu'elles voyageaient en train. « Nous n'avons eu que des contacts limités avec le monde extérieur, mais nous sommes nourries et nous avons pu nous laver », témoigne Alice Caffyn, une Britannique de 21 ans. Elle ne sait pas quand elles pourront retourner à Tokyo, à environ 250 kilomètres au Sud-Ouest.
© AFP
Un jerrican ou un seau à la main, une dizaine d'habitants de Sendai patientent en ligne pour quelques litres d'essence. Pas un mot plus haut que l'autre. L'atmosphère est étrangement zen, ordonnée, dans ce quartier de la grande ville du Nord-Est partiellement dévastée par le tsunami qui a suivi le tremblement de terre.Les vagues géantes ont dévasté les alentours, plus proches de la mer. Le toit d'une maison repose dans la boue. Un peu plus loin, cinq voitures sont encastrées les unes dans les autres. Incongrus, un réfrigérateur et un divan trônent au milieu de la montagne de débris.Dans ce quartier, « certaines personnes ont perdu toute leur famille, elles n'ont plus rien », témoigne Miki Otomo, une professeur d'anglais de Sendai. Sa maison détruite, Miki vit depuis trois jours avec un millier de rescapés dans son...
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