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Moyen Orient et Monde - Éclairage

El-Qaëda pourrait tirer profit des révoltes arabes

Même si, à long terme, les révolutions arabes contredisent et affaiblissent les thèses d'el-Qaëda, elles pourraient aussi offrir à l'islamisme radical des conditions favorables à son expansion, préviennent des experts. Les jihadistes peuvent profiter des crises de régime, du chaos, de la désorganisation des armées et polices, des combats et insurrections, de l'accès à des dépôts d'armes que plus personne ne garde ou, plus tard, du désenchantement et de la déception de certains si les espoirs, forcément immenses, sont déçus, expliquent-ils.
« Tout affaiblissement des services de sécurité favorise grandement les islamistes radicaux, estime Dominique Thomas, spécialiste de l'islamisme radical à l'École des hautes études en sciences sociales (Ehess). Ce qui se passe en Égypte, en Libye et encore davantage au Yémen permet la constitution de réservoirs de militants et d'armes, et la préparation éventuelle d'attaques. » « En Égypte, des milliers de gens sont sortis des prisons, dont certains étaient des jihadistes avec des CV assez lourds. La police et l'armée ont autre chose à faire que leur courir après », ajoute-t-il. « En Libye, sans tomber dans la folie de Kadhafi qui voit des agents d'el-Qaëda partout, il y a des gens qui rentrent d'exil pour se battre aux côtés de l'insurrection. Ces révoltes arabes, ce sont de nouveaux territoires qui s'ouvrent pour eux. »
Dans un rapport publié jeudi, le cabinet privé d'analyse stratégique américain Stratfor écrit que « le conflit en Libye pourrait offrir aux jihadistes plus de liberté de manœuvre qu'ils n'en ont eue depuis des années ». « Cela pourrait avoir des répercussions dans toute la région, notamment à cause des approvisionnements en armes. Les pillages de dépôts d'armes en Libye rappellent ce qui s'est passé en Irak après l'invasion américaine de 2003 », ajoute-t-il.
Pour de nombreux spécialistes, les nouveaux régimes qui se mettent ou se mettront en place, succédant à des dictatures implacables à l'égard de l'islamisme radical, ne mettront certainement pas le combat anti-el-Qaëda en tête de leurs priorités. « Les nouveaux régimes seront sans doute plus ouverts, avec davantage de libertés de parole, de réunion et de presse », écrivait, dans une récente tribune au Washington Post, Michael Scheuer, chef de la « Ben Laden Unit » à la CIA de 1996 à 1999. « Il sera donc plus facile pour les groupes islamistes - pacifiques ou militants - de faire du prosélytisme, de publier et de conspirer sans crainte immédiate d'arrestation ou d'emprisonnement », assure-t-il dans un texte intitulé « Pourquoi les révoltes au Moyen-Orient vont bénéficier à el-Qaëda ».
Mais à plus long terme, c'est le risque de déception des attentes et des espoirs nés du « printemps arabe » qui pourrait constituer le meilleur atout dans le jeu d'Ousama Ben Laden et ses disciples. Dans une de ses trois interventions depuis la révolte tunisienne l'Égyptien Ayman al-Zawahiri, numéro deux d'el-Qaëda, lance cet avertissement : « Prenez garde à ce que vos sacrifices ne soient volés, votre souffrance manipulée, et que si les visages (des dirigeants) changent, l'injustice ne demeure. »
(Source : AFP)
Même si, à long terme, les révolutions arabes contredisent et affaiblissent les thèses d'el-Qaëda, elles pourraient aussi offrir à l'islamisme radical des conditions favorables à son expansion, préviennent des experts. Les jihadistes peuvent profiter des crises de régime, du chaos, de la désorganisation des armées et polices, des combats et insurrections, de l'accès à des dépôts d'armes que plus personne ne garde ou, plus tard, du désenchantement et de la déception de certains si les espoirs, forcément immenses, sont déçus, expliquent-ils.« Tout affaiblissement des services de sécurité favorise grandement les islamistes radicaux, estime Dominique Thomas, spécialiste de l'islamisme radical à l'École des hautes études en sciences sociales (Ehess). Ce qui se passe en Égypte, en Libye et encore davantage au...
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