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Moyen Orient et Monde - Reportage

À Tokyo, le calme d’une population rompue aux séismes... puis la panique

Quand la terre s'apaise enfin, les habitants découvrent l'ampleur du désastre dans le désarroi et la frayeur.

Lorsque les clients d'un café de Tokyo ont ressenti les premières secousses, ils ont attendu sans s'inquiéter, pensant à un séisme « de routine ». Une minute plus tard, ils se ruaient paniqués dans la rue, comme des millions de Tokyoïtes piégés dans une capitale paralysée.
À 14h46, le sol tremble d'abord doucement dans cet établissement au rez-de-chaussée d'un petit immeuble de Ginza, le quartier des commerces de luxe au centre de la capitale. Deux hommes en costume-cravate regardent un lustre vaciller. « Un tremblement de terre ! » lance l'un d'eux. Au fil des secondes, les secousses se font plus fortes. Un choc plus important que les autres fige les employés qui attendent en espérant que le séisme se termine. Mais la puissance du tremblement de terre va crescendo. Le bruit sourd d'un meuble tombé à l'étage du dessus provoque un début de panique. « Il faut sortir ! » crie un homme. Tout le monde se lève et se rue vers la sortie.
Dans la rue, les bâtiments tremblent, dans un fracas assourdissant, un bébé pleure sur le dos de sa mère. Au huitième étage de l'immeuble où l'AFP est installée, les portes coulissantes des armoires s'ouvrent et se referment sans discontinuer laissant s'échapper des dizaines de dossiers. Les employés s'accrochent aux bureaux pour ne pas tomber, d'autres se réfugient sous les tables, l'un d'eux, plus âgé, se tient la poitrine et manque de défaillir. « Les ascenseurs se sont arrêtés automatiquement à cause du séisme », prévient un gardien à travers le système de haut-parleurs de l'immeuble.

Une première, de mémoire d'homme
La terre s'apaise enfin. On sort son téléphone portable. « Allô, ça va ? »Les communications sont toutefois vite coupées. Les visages trahissent l'angoisse. « J'étais au bureau, au dixième étage. Les murs ont commencé à trembler, puis les meubles. Je n'ai jamais connu ça ici, j'ai eu peur! » raconte Saki Horikane, une salariée descendue de son immeuble avec ses collègues juste après la secousse. Des sirènes de police hurlent, tandis que les métros et les trains s'arrêtent dans toute la région du grand Tokyo, la plus vaste mégapole du monde avec 35 millions d'habitants.
Après quelques hésitations, de nombreux employés se décident à se rendre chez eux à pied, formant de longues files dans les rues. Certains s'arrêtent en route pour regarder les reportages à la télévision. « Ne rentrez pas chez vous à tout prix si vous n'avez pas de moyens de transport, restez au bureau ou dans d'autres endroits sûrs », prévient la télévision publique NHK, ajoutant : « La nuit tombe. Si vous habitez en lointaine banlieue et tentez de marcher jusqu'à votre domicile, vous risquez d'être victime d'un accident. » Une jeune femme, désemparée, regarde résignée l'entrée du métro : « Je n'ai aucune idée de la façon dont je vais rentrer », dit-elle. « C'est la première fois que je ressens un tremblement de terre de cette force à Tokyo », confie Mikio Araki (69 ans).
D'immenses embouteillages se forment sur les voies secondaires, après la fermeture des autoroutes et du périphérique de Tokyo. Les hôtels sont pris d'assaut par les banlieusards et les rayons des supérettes vidés en quelques heures.
© AFP

Lorsque les clients d'un café de Tokyo ont ressenti les premières secousses, ils ont attendu sans s'inquiéter, pensant à un séisme « de routine ». Une minute plus tard, ils se ruaient paniqués dans la rue, comme des millions de Tokyoïtes piégés dans une capitale paralysée.À 14h46, le sol tremble d'abord doucement dans cet établissement au rez-de-chaussée d'un petit immeuble de Ginza, le quartier des commerces de luxe au centre de la capitale. Deux hommes en costume-cravate regardent un lustre vaciller. « Un tremblement de terre ! » lance l'un d'eux. Au fil des secondes, les secousses se font plus fortes. Un choc plus important que les autres fige les employés qui attendent en espérant que le séisme se termine. Mais la puissance du tremblement de terre va crescendo. Le bruit sourd d'un meuble tombé à l'étage du...
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