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Économie - Analyse

Le Moyen-Orient et nos défis économiques

de Louis HOBEIKA*
La région du Moyen-Orient passe par une période de transition extrêmement difficile. Les pertes humaines et matérielles actuelles sont énormes, mais les gains potentiels sont beaucoup plus élevés. Qui aurait pu rêver de ces changements il y a seulement 3 mois ? Le monde arabe commence à tourner une page noire de son histoire en changeant des régimes politico-économiques qui ont contribué à l'appauvrissement des populations. Tout nouveau régime doit être fondé sur les principes de la démocratie et revoir les politiques qui ont retardé le progrès et la croissance.
Tout changement est très incertain, mais celui de notre région ne peut être que positif puisque les politiques de répression pratiquées depuis des décennies ont contribué à marginaliser le monde arabe dans la carte économique mondiale. Les événements actuels constituent en fait un investissement dans l'avenir des pays et de la région.
Notre région, malgré ses importantes ressources humaines et naturelles, était restée loin des développements importants réalisés en Asie, en Amérique latine et en Afrique subsaharienne. Elle doit se restructurer afin de pouvoir suivre les grands changements technologiques, économiques, culturels et sociaux. Le Liban subira des conséquences immédiates dont nous résumons les plus importantes :
1. Le prix du pétrole va augmenter vu les craintes justifiées dans les domaines de la production et du transport. Le monde vivra à court terme avec des prix élevés qui baisseront quand la crise politique se stabilisera. Au Liban, nous devons stabiliser les prix à la consommation vers 35 000 LL pour les 20 litres d'essence, et cela pendant 3 mois, pour y voir plus clair. Nous ne pouvons pas laisser les citoyens vivre dans l'incertitude des prix chaque semaine. La composante locale du prix qui devra varier est le montant des taxes.
2. Les investissements seront affectés négativement à court terme. L'économie libanaise ne peut attirer des investissements de qualité que lorsque la région se calmera.
3. Le tourisme sera sans doute également affecté de manière négative. Nous ne pouvons pas compter sur une saison touristique prospère tant que la stabilité n'est pas réinstaurée en Égypte, en Jordanie, à Bahreïn, en Libye, en Tunisie et ailleurs.
4. Nous devons défendre notre système bancaire, à l'ombre des tentatives d'affaiblissement. Il n'existe aucun système au monde qui ne connaisse pas de blanchiment d'argent. Le problème n'est pas là. Cela dit, il est nécessaire de mettre en place une politique plus sévère pour prévenir les opérations de blanchiment.
5. Au niveau du budget et en raison du ralentissement économique inévitable, les recettes devront baisser, tandis que les dépenses courantes devront augmenter. Le déficit budgétaire, et par conséquent la dette publique, risquent donc d'augmenter. Les aides et les donations, notamment celles en provenance des pays arabes devront, en parallèle, baisser.
6. Au niveau de la balance des paiements, elle risque en outre d'être affectée en raison du ralentissement des entrées de capitaux et en particulier des transferts des Libanais de l'étranger. Notre balance commerciale est fortement déficitaire, impliquant un important déficit de la balance courante. Une éventuelle baisse de l'excédent de la balance des paiements aura un impact direct sur le montant des réserves en devises de la Banque centrale.
Pour faire face à ces incertitudes énormes, le Liban se doit de former dans les plus brefs délais un gouvernement efficace, qui puisse prendre les décisions appropriées dans tous les secteurs. Il faut surtout chercher à former un gouvernement homogène qui serait en mesure d'effectuer les tâches urgentes et attendues pour contrer les conséquences de cette vague sans précédent qui déferle sur le Moyen-Orient.

*Professeur d'économie et de finance à la Notre Dame University (NDU).
La région du Moyen-Orient passe par une période de transition extrêmement difficile. Les pertes humaines et matérielles actuelles sont énormes, mais les gains potentiels sont beaucoup plus élevés. Qui aurait pu rêver de ces changements il y a seulement 3 mois ? Le monde arabe commence à tourner une page noire de son histoire en changeant des régimes politico-économiques qui ont contribué à l'appauvrissement des populations. Tout nouveau régime doit être fondé sur les principes de la démocratie et revoir les politiques qui ont retardé le progrès et la croissance.Tout changement est très incertain, mais celui de notre région ne peut être que positif puisque les politiques de répression pratiquées depuis des décennies ont contribué à marginaliser le monde arabe dans la carte économique mondiale. Les événements...
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