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Liban

Geagea : La révolution du Cèdre 2 commence le 13 mars

« Mon instinct me dit que la révolution du Cèdre 2 a commencé. » C'est par ces mots que le président du conseil exécutif des Forces libanaises, Samir Geagea, a anticipé hier sur le rassemblement populaire du 14 Mars prévu dimanche à la place des Martyrs.
« La manifestation du 13 mars annonce cette deuxième phase de la première révolution, qui n'a pas abouti là où nous le souhaitions, et qui s'inscrit dans la continuité de la première. Nous avons eu l'impression que nous avions pu arriver enfin à l'étape de l'édification de l'État. Dans la réalité, il n'y a pas eu réellement d'État. Le pouvoir est ailleurs. Le centre de décision stratégique est ailleurs. Notre but est de rassembler de nouveau tous les pouvoirs au sein de l'État », a indiqué M. Geagea, dans un entretien de deux heures accordé à notre confrère Nadim Koteich à la Future News.
Interrogé sur les avancées et les régressions enregistrées durant les cinq dernières années sur le plan de la dynamique de la révolution du Cèdre, ainsi que sur les revirements des députés Michel Aoun et Walid Joumblatt, Samir Geagea a estimé que le 14 Mars ne saurait être limité à des personnalités ou des partis, mais qu'il s'agit d'une audience très grande, d'un « peuple vaste » et qu'il s'agit d'un « projet politique ». Il a comparé la révolution du Cèdre à un train. « Certains montent à bord, d'autres descendent, mais le train poursuit son chemin », a-t-il dit. Il a toutefois refusé de critiquer M. Joumblatt, par respect pour « les sentiments de la communauté druze », à laquelle il a rendu hommage. De même qu'il a rendu hommage aux composantes de l'ancienne majorité qui ont affiché des divergences avec le 14 Mars politique durant ces dernières années, sans pour autant changer de cap, notamment la Gauche démocratique ou le Renouveau démocratique. « Nassib Lahoud était 14 Mars avant nous tous », a-t-il souligné.
Après avoir longuement évoqué les erreurs de gestion du 14 Mars durant les années écoulées, Samir Geagea a indiqué qu'« aucune avancée substantielle n'est possible tant qu'il existe une armée parallèle à l'État », en l'occurrence le Hezbollah. Il a ensuite déconstruit la logique selon laquelle les armes du Hezbollah protègent le Liban. « L'existence du Hezb et les armes qu'il possède mettent le Liban à découvert face à Israël. Les armes sont iraniennes, et par conséquent le Liban se retrouvera ipso facto impliqué dans toute confrontation entre l'Iran et l'Occident », a-t-il dit. Il s'est cependant prononcé en faveur d'une résistance à Israël qui serait exclusivement menée par l'armée régulière, « laquelle est plus forte que le Hezbollah du point de vue de la légitimité interne et internationale ». « La présence militaire du Hezbollah constitue un danger pour le Liban. Je suis pour la résistance, mais le peuple tout entier doit avoir son mot à dire dans cette résistance », a-t-il dit, estimant que le centre de décision devait être, à ce sujet, au sein du Conseil des ministres et de l'armée. « Cette responsabilité ne doit être confiée à personne d'autre », a-t-il souligné.
Interrogé sur la stratégie du 14 Mars et les moyens de concrétiser la revendication principale de ce mouvement à l'heure actuelle, à savoir le désarmement du Hezbollah, Samir Geagea a répondu : « La mobilisation. » « Cela a bien donné des résultats en Tunisie et en Égypte, non? L'opinion publique est en train de se dynamiser, et cela donnera des résultats », a-t-il dit, appelant les Libanais à se rendre dimanche à la place des Martyrs « pour sortir du gouffre et exprimer leur ras-le-bol concernant le fait que la décision stratégique ne soit pas entre nos mains ». « Notre arme, c'est la mobilisation permanente, la revendication perpétuelle », a-t-il souligné. Il a également invité les partisans des Forces libanaises à ne brandir que le drapeau libanais à la place des Martyrs et à oublier les signes d'appartenance résiduels.
Le président du conseil exécutif des Forces libanaises a par ailleurs longuement évoqué la question des relations libano-syriennes et de l'initiative syro-saoudite. « Je n'y ai pas cru dès le départ. Et, pour être sincère, j'ai vu venir son échec, mais j'ai laissé faire. Par ailleurs, j'ai fait ce que j'ai pu, à mon niveau, pour qu'elle n'aboutisse pas, parce que j'en ai très tôt perçu les aspects négatifs », a-t-il dit. Et pour cause, a-t-il souligné, le régime syrien n'a pas changé d'un iota son comportement avec le Liban, estimant que Damas n'est pas loin de ce qui se produit sur la scène locale depuis le mois dernier. Il a cependant noté que le 8 Mars « a commis une erreur stratégique extraordinaire en faisant chuter Saad Hariri ». « Ce qui est étrange, c'est qu'avant la chute du cabinet, l'on entendait tous les jours parler des faux témoins. Depuis la chute du cabinet Hariri, cette question a été jetée aux oubliettes par le 8 Mars du jour au lendemain », a-t-il dit.
Répondant à plusieurs questions sur l'importance de la célébration du 14 mars cette année, ou encore sur le sens et l'importance du tribunal spécial international, Samir Geagea a enfin estimé que la manifestation du 13 mars se doit d'être « un moment fondateur, le début d'une nouvelle marche vers la révolution du Cèdre phase 2 ».
« Les temps des demi-teintes sont terminés. Nous en avons assez, nous voulons vivre normalement », a-t-il conclu.
« Mon instinct me dit que la révolution du Cèdre 2 a commencé. » C'est par ces mots que le président du conseil exécutif des Forces libanaises, Samir Geagea, a anticipé hier sur le rassemblement populaire du 14 Mars prévu dimanche à la place des Martyrs. « La manifestation du 13 mars annonce cette deuxième phase de la première révolution, qui n'a pas abouti là où nous le souhaitions, et qui s'inscrit dans la continuité de la première. Nous avons eu l'impression que nous avions pu arriver enfin à l'étape de l'édification de l'État. Dans la réalité, il n'y a pas eu réellement d'État. Le pouvoir est ailleurs. Le centre de décision stratégique est ailleurs. Notre but est de rassembler de nouveau tous les pouvoirs au sein de l'État », a indiqué M. Geagea, dans un entretien de deux heures accordé à notre...
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