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Nos lecteurs ont la parole

On ne récolte que ce que l’on a semé

Par Noha M. GEMAYEL-INGEA
À constater combien les grands de ce monde s'offusquent en ce moment de la situation chaotique régnant dans les pays arabes, je ne puis réfréner davantage la réflexion personnelle qui me taraude depuis des lustres.
Par le hasard de ma naissance et de mon éducation dans ce milieu libanais chrétien, ouvert sur le monde méditerranéen, il m'a été donné non seulement de pratiquer l'une des langues principales de l'Occident, mais de saisir également son mode global de raisonnement.Ce qui ne signifie nullement que je me doive d'approuver aveuglément ses choix politiques quant à la marche du monde.
Nous savons que cet Occident, représenté par le continent européen et son prolongement jusqu'au continent américain, a rejeté progressivement, au nom des Lumières apparues vers la fin du XVIIIe siècle, la pureté des enseignements spirituels acquis auparavant, au fil de révélations et de diverses expériences relevant du domaine religieux. Il a cependant conservé, comme par intuition instinctive, les notions de liberté, d'égalité et de service de la chose publique, héritées de la Grèce ancienne puis reprises et requinquées par la Révolution française.
Cette prise de conscience - par ailleurs tout à l'honneur de la race humaine - ne pouvait décemment demeurer l'apanage d'un seul groupe de populations. Il lui incombait donc de la propager autour du globe et pas seulement suivant une propagande verbale. Hélas ! l'élargissement du spectre de la civilisation se traduisit, cupidité et intérêts aidant, par la colonisation et l'exploitation de territoires dans des parties moins privilégiées de la planète sur le plan du développement matériel. Nous sommes les témoins, encore vivants, de ce qui s'ensuivit dans la seconde moitié du siècle écoulé. L'Occident ainsi repoussé et haï s'en retirait militairement, avec un oeil toujours braqué sur les richesses non suffisamment épuisées...
Vint alors, à la rescousse, le pétrole, et tout bascula ! Le loup, à nouveau, est invité dans la bergerie, à coups de techniques industrielles, d'une science informatique inouïe et d'une politique de trocs monnayés, impliquant un échange de matières premières contre une infinité de produits de consommation souvent inutiles ou superflus.
Pour assurer le bon déroulement des choses, une seule et unique tactique : favoriser, par intrigues et pressions, l'arrivée au pouvoir dans les pays du tiers-monde de chefs d'État dociles et appâtés, dont le devoir de veiller au grain garantit le bon fonctionnement du système. Sous le label de la « parade au fanatisme » étaient ainsi maintenus en place, et cela pendant trois et quatre décennies, des dictateurs incontournables, s'enrichissant honteusement en secret et tenant d'une main de fer une population n'ayant nul droit de regard sur la politique tracée.
La destinée des hommes n'est pas un jeu de quilles. Le mensonge, dit-on chez nous, a finalement la corde courte. Et il arrive en ce moment ce qui ne pouvait pas ne pas arriver. Du Maghreb au Machrek, tous les régimes sont secoués ou balayés. Le plus fort n'a pas été dit. Car l'énergie qui anime l'être humain, quels que soit sa race ou son degré de culture, n'a de comptes à rendre qu'à son Créateur. Énergie cosmique, sécrétée par la foi qui soulève montagnes et déserts, et qui n'aura de cesse qu'une fois le but atteint.
Qu'on ne vienne surtout pas arguer de la lutte contre l'obscurantisme pour essayer de maintenir en l'état la situation antérieure. Au cours des violences suivies heure par heure sur les écrans de télévision, pas un seul manifestant n'a jamais jonglé avec les allusions à un islamisme que les populations islamiques elles-mêmes ont mis au rancart. Pas un qui n'ait réclamé autre chose que son droit au travail, à la justice sociale, à l'égalité des chances pour tous. Et tout cela est réjouissant au milieu des inévitables atrocités
L'événement en cours, qu'on ne s'y trompe pas, est aussi grave que celui de la chute du mur de Berlin. Aussi serait-il temps de mettre un terme à cette stratégie défaillante partout où la vilaine expérience se poursuit encore. Je me refuse à croire que des dirigeants internationaux, supposés intelligents et responsables, puissent encore se permettre de laisser en place un quelconque épouvantail fantôche, dût-on freiner au passage les calculs tronqués de qui prétend en profiter secrètement tout en le considérant officiellement comme un ennemi.
Le train du destin est en marche. Le monde, nous le savons, n'a avancé qu'à coups de passion. Demain ne sera plus jamais comme hier. Ces va-nu-pieds que nous voyons défiler avec ardeur et courage, défiant la peur et s'offrant en martyrs, sont le sel de la terre, comme le dit l'Évangile, et bien qu'ils ne soient pas forcément chrétiens. Parce que tout être humain est fils de Dieu. Parce que la dignité de chacun est le gage de la dignité de tous.
Car la vérité et la vie ne connaissent aucune limite : elles sont, avec l'amour, le témoignage de la présence de l'Esprit en nous et autour de nous.
Le mot de la fin, pompeusement affiché par M. Nicolas Sarkozy l'autre soir dans son message à la nation, va justement dans le sens analysé ci-dessus.
Puisse-t-il être suivi par les dirigeants occidentaux pour notre plus grand bien à tous.
À constater combien les grands de ce monde s'offusquent en ce moment de la situation chaotique régnant dans les pays arabes, je ne puis réfréner davantage la réflexion personnelle qui me taraude depuis des lustres.Par le hasard de ma naissance et de mon éducation dans ce milieu libanais chrétien, ouvert sur le monde méditerranéen, il m'a été donné non seulement de pratiquer l'une des langues principales de l'Occident, mais de saisir également son mode global de raisonnement.Ce qui ne signifie nullement que je me doive d'approuver aveuglément ses choix politiques quant à la marche du monde.Nous savons que cet Occident, représenté par le continent européen et son prolongement jusqu'au continent américain, a rejeté progressivement, au nom des Lumières apparues vers la fin du XVIIIe siècle, la pureté des enseignements...
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