Ses crimes sont connus du monde entier et malgré cela on a voulu faire prévaloir la realpolitik à la politique du droit et de la justice. On croyait pouvoir monnayer ou indemniser les morts du Lockerbie en échange de contrats lucratifs.
Cet homme - guide spirituel, quelle ironie ! -, au lourd palmarès, continue de tuer devant nos yeux. Les changements de régime, les révoltes, la recherche de l'alternance du pouvoir et de la démocratie sont la responsabilité des peuples concernés. Mais, aujourd'hui, à l'époque de la mondialisation, des portables et de l'Internet qui fait partie de la vie de chaque citoyen, cette révolte est une responsabilité partagée, surtout à l'époque du concept du droit et du devoir d'ingérence qui se propose d'aider des populations menacées. On assiste impuissant au carnage et au bain de sang qui plonge aujourd'hui la Libye et demain d'autres pays dans un cercle de violence infernale.
Il y a trente ans, au Liban, Mouammar Kadhafi a semé la terreur avec ses mercenaires. Il les payait pour tuer les chrétiens. Il proposait d'islamiser les chrétiens du Liban pour arrêter leurs massacres.
Cet homme a kidnappé et assassiné l'imam Moussa Sadr et ses deux compagnons, lors de leur visite en Libye. Nous n'avons pas encore oublié les missiles qu'il a tirés sur un avion de l'UTA, faisant plus de trois cents victimes innocentes. Il a commis bien d'autres crimes que je ne saurais résumer en quelques lignes. Il continue aujourd'hui de tuer au vu et au su du monde entier, devant les caméras.
Il faut combien de morts avant de mettre un terme à ce déchaînement contre le peuple libyen ? Nous saluons la solidarité internationale avec le peuple libyen. Nous ne pouvons encore une fois qu'exprimer notre admiration devant l'audace de la ministre Rama Yade ; car il en fallait, ce jour-là, pour face à tous les tenants et défenseurs de la realpolitik.

