Nous sommes quelques-uns à continuer à croire à la noblesse humaine, à l'élévation de l'âme, au désintéressement. Quelques-uns à croire que la politique peut être le grand art de l'intérêt public, et non les sordides calculs d'un homme assoiffé de pouvoir. C'est pourquoi il nous faut faire le procès de la conduite et des termes dans lesquels certains perçoivent la démarche qui a conduit le patriarche Sfeir à se trouver un successeur de son vivant. Ceux qui pensent que c'est « le Vatican » qui a poussé le patriarche vers la porte de sortie. Ceux qui pensent que le patriarche a été la victime d'une intrigue nouée par ses pairs. Tous sentiments de petitesse auxquels on cherche à réduire ce que Benoît XVI décrit, dans sa lettre au patriarche, comme un geste magnanime, un signe d'humilité véritable. « Je n'ai pas demandé à être déchargé de mon service pastoral pour que ma demande ne soit pas acceptée », a dit dimanche, à son retour de Rome, le patriarche assailli par les curieux, les incrédules, et ceux qui sont friands d'un « morceau de vie » comme un chien d'un morceau de viande saignante. Finalement, c'est le visage d'un homme libre qui nous est revenu de Rome. Libre non de ses charges pastorales mais surtout libre de ses décisions. Libre dans la douleur, libre sous le poids des contradictions. Libre sous le poids de la croix, à l'image de celui qui l'a appelé, justifié et glorifié, fut-ce sous l'image du « serviteur souffrant ». Non que cette exaltation l'enivre. Nous sommes en présence d'un homme toujours simple, pragmatique, souriant, aimant le bon mot. D'un homme de grande mémoire qui sera toujours la conscience de nos années de guerre.
Nous sommes quelques-uns à continuer à croire à la noblesse humaine, à l'élévation de l'âme, au désintéressement. Quelques-uns à croire que la politique peut être le grand art de l'intérêt public, et non les sordides calculs d'un homme assoiffé de pouvoir. C'est pourquoi il nous faut faire le procès de la conduite et des termes dans lesquels certains perçoivent la démarche qui a conduit le patriarche Sfeir à se trouver un successeur de son vivant. Ceux qui pensent que c'est « le Vatican » qui a poussé le patriarche vers la porte de sortie. Ceux qui pensent que le patriarche a été la victime d'une intrigue nouée par ses pairs. Tous sentiments de petitesse auxquels on cherche à réduire ce que Benoît XVI décrit, dans sa lettre au patriarche, comme un geste magnanime, un signe d'humilité véritable.« Je n'ai...
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