La tension est montée hier entre le camp du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo et l'ONU autour d'une présumée affaire de livraison d'armes. À la demande du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, le Conseil de sécurité de l'ONU discutait de l'éventualité d'une réunion, après des informations sur la livraison en cours de trois hélicoptères d'attaque du Bélarus et de matériel d'appui à Yamoussoukro (centre) destinés aux forces fidèles à M. Gbagbo. Mais le Bélarus a démenti toute violation de l'embargo sur les armes décrété en 2004 et dénoncé une « possible campagne destructrice » à son encontre.
De son côté, le gouvernement Gbagbo a fustigé un « complot » et un « mensonge pour justifier une attaque » de l'ONU. Il accuse la mission onusienne dans le pays, l'Onuci, dont il réclame le départ, d'être complice des « rebelles » des Forces nouvelles (FN), alliées à Alassane Ouattara - reconnu chef de l'État par la communauté internationale - qui selon lui sont infiltrés à Abidjan.
Le camp Gbagbo est passé « du harcèlement » contre l'ONU à « l'acte d'hostilité directe », a affirmé à Dakar Choi Young-jin, le chef de l'Onuci. Des experts du Comité des sanctions de l'ONU et un officier des forces de maintien de la paix ont essuyé hier des tirs provenant des forces du président sortant à l'aéroport de Yamoussoukro, a indiqué un responsable onusien sous le couvert de l'anonymat. Plus tôt dans la journée, deux employés de l'Onuci ont été enlevés à Abidjan par des jeunes pro-Gbagbo avant d'être relâchés quelques heures plus tard.
À Abidjan, la situation humanitaire devenait de plus en plus inquiétante, sur fond d'exode de la population. Quelque 3 000 personnes se sont déjà réfugiées dans deux missions catholiques, « dans une promiscuité indescriptible », a déclaré l'abbé Augustin Obrou, porte-parole de l'archevêché de la capitale. Pour ceux qui sont restés chez eux, la vie est de plus en plus pénible, entre coupures d'eau et d'électricité, et « problème de nourriture », selon un habitant.
Le climat demeurait pesant dans la capitale économique avec des tirs sporadiques signalés dans plusieurs quartiers depuis dimanche, y compris dans des zones jusque-là préservées comme le quartier cossu de Cocody (Est).
Fief de M. Gbagbo, le populaire Yopougon (Oouest) est désormais constellé de barrages de « jeunes patriotes », ses ardents partisans. Parfois armés de machettes et de gourdins, ils exigent de fouiller les véhicules. Leur chef Charles Blé Goudé a appelé la semaine dernière les jeunes à « s'organiser en comités » pour empêcher « par tous les moyens » l'Onuci de circuler.
(Source : AFP)


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