En Libye, au 14e jour d'un mouvement de contestation sans précédent, le colonel Kadhafi et les forces qui lui sont restées loyales ne contrôlent plus que Tripoli et sa région./Photo
À Tunis, qui avait montré la voie aux pays arabes sur la manière de chasser un dirigeant, le Premier ministre Mohammed Ghannouchi a fini par démissionner sous la pression de la rue.
L'homme, qui avait pris les rênes d'un gouvernement de transition après la chute le 14 janvier du président Zine al Abidine Ben Ali, a annoncé son retrait après des violences à Tunis ayant fait 5 morts. Il a été remplacé par Béji Caïd Essebsi, mais à Tunis le sit-in observé se poursuivait lundi.
Le numéro deux d'el-Qaëda, Ayman al-Zawahiri, a fustigé les nouveaux dirigeants installés au pouvoir selon lui par les États-Unis en Tunisie et en Egypte, appelant les musulmans à se soulever contre les "envahisseurs", selon le centre américain de surveillance de sites islamistes (SITE).
En Libye, au 14e jour d'un mouvement de contestation sans précédent, le colonel Kadhafi et les forces qui lui sont restées loyales ne contrôlent plus que Tripoli et sa région, alors que Washington s'est dit prêt à aider les opposants rassemblés dans un gouvernement de transition - le "Conseil national indépendant - chargé de représenter les "villes libérées".
L'opposition, qui tente de remettre les habitants au travail et d'organiser une administration dans l'Est, a dit se préparer à marcher sur Tripoli.
Après avoir imposé des sanctions sévères au leader libyen, à sa famille et à des proches du régime, la communauté internationale, l'Occident en tête, réfléchit à une interdiction de l'espace aérien libyen en mesure d'empêcher des bombardements de la population.
De son côté, le leader libyen, isolé et lâché par ses pairs arabes et par ses diplomates, est resté inflexible fustigeant les sanctions de l'ONU et assurant que la Libye était "complètement calme".
Les troubles en Libye, dont le bilan pourrait s'élever à plus de 1 000 morts, poussaient un nombre croissant d'étrangers à fuir. L'ONU recensait déjà près de 100 000 personnes, des travailleurs égyptiens et tunisiens principalement, aux frontières terrestres, une situation qualifiée de "crise humanitaire".
Dans le reste du monde arabe, le vent de contestation continuait de se propager.
À Oman, des manifestants ont tenté d'attaquer de nouveau un poste de police à Sohar, à 200 km au nord de Mascate, avant d'être dispersés par des bombes lacrymogènes.
Les protestataires se sont repliés sur le rond-point de la Terre rebaptisé celui de la Réforme, où se tient un sit-in de protestation depuis samedi.
D'autants manifestants ont bloqué l'entrée du port de la ville, le deuxième du pays, adossé à une importante zone industrielle comprenant une raffinerie, des usines pétrochimiques et d'autres industries. Au moins un manifestant avait été tué dimanche par la police.
Pourtant le sultan Qabous a annoncé des mesures sociales, pour apaiser les tensions dans son pays qui contrôle la sécurité du détroit d'Ormuz, par où transite 40% du pétrole exporté par voie maritime dans le monde.
À Bahreïn, des milliers de personnes ont défilé dimanche dans la capitale Manama contre le régime de la dynastie sunnite des Al-Khalifa et le groupe chiite au Parlement a confirmé sa démission en bloc à la suite des violences meurtrières survenues aux premiers jours des manifestations populaires.
Des appels à manifester ont été entre-temps diffusés au Qatar et en Arabie saoudite, où une centaine d'intellectuels ont exhorté à des réformes politiques - à commencer par l'instauration d'une "monarchie constitutionnelle" -, économiques et sociales.
En Syrie, une page Facebook intitulée "la révolution syrienne contre Bachar al-Assad 2011" appelait à des manifestations à une date encore indéterminée.
Au Yémen, le président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, a dit dimanche son intention de défendre le "régime républicain" jusqu'à la "dernière goutte de (son) sang" et parlé de "complot", alors que les manifestations ont continué dans le pays.
Au Qatar voisin, un appel sur Facebook à l'éviction de l'émir Hamad ben Khalifa al-Thani a recueilli plus de 20 000 signatures, cependant qu'au Koweït, un groupe d'opposition nouvellement formé a demandé des réformes et l'émir a annoncé des mesures sociales.
En Irak, le Premier ministre Nouri al-Maliki a donné dimanche 100 jours à ses ministres pour faire leurs preuves, après des manifestations de colère contre le gouvernement. En Jordanie, le Premier ministre s'est engagé à procéder à des réformes "véritables et graduelles".
En Égypte, l'ex-président Hosni Moubarak et sa famille proche sont interdits de quitter le pays, et leurs avoirs en Égypte sont gelés.


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