Rechercher
Rechercher

Dernières Infos

"Massacre" à Benghazi, "submergée" de blessés, selon des témoins français

Un médecin anesthésiste français de retour de Benghazi, sur le point d'y repartir en mission humanitaire, raconte avoir été "submergé" de blessés la semaine passée dans son hôpital, tandis qu'une de ses collègues parle de "massacre", selon leur témoignage à l'AFP.
"J'étais au premier rang. L'afflux de blessés a commencé à partir du moment où les autres hôpitaux étaient débordés. Nous étions submergés", a déclaré jeudi à l'AFP Naceur Benarab, 60 ans, qui travaillait au Benghazi Medical Center, dans la deuxième ville du pays et l'épicentre du mouvement anti-Kadhafi lancé le 15 février.
"On recevait essentiellement des blessés par balles, ou des gens écrasés par des voitures de miliciens qui jetaient leur véhicule dans la foule", raconte par téléphone le médecin, évacué dimanche vers Tripoli puis rapatrié en France mercredi.
"Au début, les blessés étaient visés à la tête, au thorax et à l'abdomen. Puis les blessures par balles sont descendues vers le bas du corps", raconte-t-il, jugeant qu'il s'agissait d'une volonté délibérée de blesser gravement mais sans tuer, pour contenir le mouvement de révolte.
"Dans une société tribale comme la Libye, où règne le droit séculaire, à chaque fois qu'il y a des morts cela grossit les rangs des manifestations", affirme-t-il, en estimant que "là-bas, un chef de tribu peut mobiliser 3.000 ou 4.000 personnes".
C'était "un massacre, dans le sens où ils ont tué des gens désarmés, des jeunes qui se sont fait canarder, des tirs dans la tête, dans la joue, des trucs dégueulasses", raconte de son côté la responsable d'une équipe d'infirmiers dans le même hôpital, Nadia, qui ne souhaite pas donner son nom de famille.
"On avait peur que les pro-Kadhafi viennent achever les anti" à l'hôpital, affirme-t-elle dans un entretien téléphonique.
Dimanche matin, jour de son départ, Nadia a croisé en ville "des voitures brûlées, des affiches de Kadhafi déchirées". Puis, sur la route de l'aéroport "on a croisé des mercenaires, tous avec des tenues militaires différentes". Dimanche soir à Tripoli, "ça tirait aussi, toute une partie de la nuit".
"Tout ça donnait l'impression d'une guerre civile", assure Nadia, "soulagée" d'avoir pu rentrer mercredi à Paris avec sa famille.
A Benghazi, "il n'y a pas de combats en ce moment, d'après les infirmières qui sont restées là-bas", déclare le Dr Benarab, qui s'apprêtait jeudi à prendre un avion pour la Tunisie, d'où il devait prendre un bateau ce soir pour Benghazi, dans le cadre d'une mission humanitaire tunisienne.
"Je pars mais je ne sais pas comment je reviendrai", dit-il. "Sur le plan humanitaire, ces gens ont besoin de nous maintenant, pas dans une semaine", lance-t-il.
"Quand j'étais dans l'avion qui me ramenait en France, des amis libyens m'ont appelé, m'ont supplié de dire au monde ce qui se passait", conclut-il en réprimant des sanglots. Selon lui "les Etats doivent bouger pour arrêter ce sanguinaire".
Un médecin anesthésiste français de retour de Benghazi, sur le point d'y repartir en mission humanitaire, raconte avoir été "submergé" de blessés la semaine passée dans son hôpital, tandis qu'une de ses collègues parle de "massacre", selon leur témoignage à l'AFP."J'étais au premier rang. L'afflux de blessés a commencé à partir du moment où les autres hôpitaux étaient débordés. Nous étions submergés", a déclaré jeudi à l'AFP Naceur Benarab, 60 ans, qui travaillait au Benghazi Medical Center, dans la deuxième ville du pays et l'épicentre du mouvement anti-Kadhafi lancé le 15 février."On recevait essentiellement des blessés par balles, ou des gens écrasés par des voitures de miliciens qui jetaient leur véhicule dans la foule", raconte par téléphone le médecin, évacué dimanche vers Tripoli...